Dernière mise à jour le 25 juillet 2016 par Dr Cécile Loï

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  Il ne s’agit pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années. C’est dans cet esprit qu’un réel débat est ouvert autour de l’amélioration de la situation des personnes âgées et/ou en perte d’autonomie. En 2015, une nouvelle enquête Baromètre Autonomie enregistre l’évolution des pensées sur la perte d’autonomie auprès de 1 600 personnes (dont plus de 60% ont entre 40 et 65 ans). Depuis 2012, un projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a permis de mettre en lumière la volonté générale d’être à l’écoute des personnes âgées. Cette loi repose sur une anticipation et une adaptation de la société face au vieillissement de la population.

  Parmi ces adaptations, l’accompagnement à la personne doit être au centre du débat car 80% des Français plébiscitent le maintien à domicile lorsqu’il s’agit d’envisager l’aide à apporter à un proche. Cependant seul 50% pensent que la famille peut agir seule, d’où la prise de conscience des charges pesant sur l’aide familiale en termes financiers, mais aussi de temps, de stress, de pression psychologique et physique ou encore concernant la difficulté à concilier le rôle d’aidant avec la vie professionnelle et personnelle.

Cette enquête indique que 62,3% des Français ne connaissent pas le coût mensuel moyen dépensé par une personne en perte d’autonomie. Aujourd’hui ce coût est estimé à environ 1 800 € par mois à domicile et 2 500 € par mois en établissement, dont environ 1 000€ de reste à charge. (Source : Fondation Alzheimer)

Concernant le financement de la perte d’autonomie, les résultats de l’enquête montrent que :

  • 60,3% des Français sont pour un financement mixte : une protection à deux niveaux, comme pour la couverture santé : un régime obligatoire et un régime complémentaire
  • 67,4% sont pour le contrat collectif, c’est à dire que l’entreprise participe au financement
  • 76,7% sont d’accord pour cotiser 1 euro par jour à partir de 40 ans

La perte d’autonomie implique bien souvent une aide informelle ou familiale, qui commence à être reconnue politiquement :

  • Il existe aujourd’hui plus de 4,3 millions d’aidants auprès d’une personne âgée de 60 ans ou + dont 83% sont des membres de la famille (44% un conjoint, 13% un parent, 12% un enfant)
  • 14,7% des + de 50 ans déclarent être aidants informels : 52 ans est l’âge moyen des aidants
  • 47% des aidants exercent une activité professionnelle
  • 62 % sont des femmes : les aidants sont d’abord des aidantes !
  • 74% des aidants informels dispensent des soins quotidiens (26% des soins hebdomadaires)

 

Cependant, aidant est une activité à hauts risques car 83% des aidants déclarent ressentir une charge lourde et éprouvent un sentiment de solitude. Les aidants sont exposés à un risque de surmortalité de 60% dans les 3 ans qui suivent le début de la maladie de leur proche.

  D’ailleurs, l’enquête Baromètre Autonomie montre que les français sont à 75,6% pour les aménagements des horaires des aidants, à 81,8% pour le maintien de leurs droits sociaux et à 72,5% pour le renforcement de l’aide au répit.

  De ce fait, cette enquête a permis de mettre en lumière les attentes de la société en termes de vieillissement : les Français souhaitent un financement solidaire, complémentaire et pérenne du risque de perte d’autonomie, une meilleure reconnaissance du statut d’aidant, et une réforme de la prise en charge en établissement. Il s’agit aujourd’hui de changer de regard sur « les vieux » et de se sentir tous concernés par la question, bien que pour la plupart la perte d’autonomie reste encore taboue car elle fait peur ou parait lointaine.

Source : Baromètre Autonomie OCIRP, 2015