Dernière mise à jour le 13 août 2015 par Dr Cécile Loï

C’est la question à laquelle essaye de répondre une récente étude publiée dans le Journal of Physiology. Une équipe de chercheurs du King College de Londres et de l’Université de Birmingham a suivi 84 hommes et 41 femmes, cyclistes amateurs, âgés de 55 à 79 ans, afin de déterminer comment le processus du vieillissement affecte le corps humain, et si des marqueurs physiologiques précis peuvent être utilisés pour déterminer l’âge d’une personne.
L’étude porte volontairement sur des personnes physiquement très actives afin d’exclure les effets d’un mode de vie sédentaire pouvant accélérer le processus de vieillissement. Les hommes et les femmes devaient être capables de pédaler respectivement 100 kilomètres en moins de 6 heures et demie, et 60 km en 5 heures et demie pour être inclus dans cette étude. Les fumeurs, consommateurs excessifs d’alcool et ceux souffrant d’hypertension ont été exclus de l’étude.

Les participants ont subi deux jours de tests afin d’établir leur profil physiologique à partir de données cardiovasculaires, neuromusculaires, métaboliques, endocriniennes, osseuses, cognitives et de qualité de vie. Les réflexes des volontaires, la force musculaire, la consommation d’oxygène pendant l’exercice et la puissance explosive maximale (accélération maximale) pendant qu’ils pédalaient ont aussi été mesurés.

Les résultats de l’étude ont montré que chez ces individus, les effets du vieillissement étaient bien loin d’être évidents. En effet, si le taux maximum de consommation d’oxygène est le facteur qui montre la plus étroite association avec l’âge, ce marqueur ne permet néanmoins pas d’identifier avec précision l’âge des participants. De plus, ces sujets âgées mais sportifs présentent en moyenne des niveaux similaires de force musculaire, de capacité pulmonaire et de résistance à l’exercice à ceux de jeunes adultes en bonne santé.

Globalement, l’étude a conclu que le vieillissement est probablement un phénomène qui est fortement individuel. Ces résultats confirment que la pratique d’une activité physique est un frein aux effets du vieillissement sur l’organisme. Cependant, le Dr Poss Pollock déclare : « une part essentielle de nos travaux était de décider quels volontaires devaient être sélectionnés pour explorer les effets du vieillissement. Le principal problème, auquel doit faire face la recherche dans le domaine de la santé, est que dans les sociétés modernes, la majorité de la population est inactive. Un style de vie sédentaire cause des problèmes physiologiques à tout âge. D’où la confusion pour ce qui est de savoir dans quelle mesure le déclin du fonctionnement du corps est dû au processus naturel du vieillissement, et dans quelle mesure cela est dû aux effets combinés du vieillissement et de l’inactivité. »

Inévitablement, nos corps vivront un certain déclin en vieillissant, mais le fait de rester physiquement actif peut permettre d’augmenter son espérance de vie en bonne santé. Le fait de faire du vélo, par exemple, non seulement vous permet d’être mentalement plus alerte, mais exige aussi une utilisation vigoureuse de la plupart des systèmes clés du corps humain tels que les muscles, le cœur et les poumons, qu’il faut garder en bonne santé pour réduire les risques associés à de nombreuses maladies.

Source: An investigation into the relationship between age and physiological function in highly active older adults. Journal of Physiology 6 JAN 2015