Dernière mise à jour le 9 octobre 2015 par Dr Cécile Loï

Citrulline et sport : impact sur la fonction musculaire chez la femme ménopausée et obèse



Le vieillissement est associé à une rigidité artérielle accrue (hypertension), pouvant être évaluée par la vitesse de propagation de l’onde de pouls, et à une perte de force et de masse musculaire. L’entraînement physique seul n’est pas toujours efficace pour améliorer ces paramètres chez les femmes âgées.

Une rigidité aortique accrue est associée à l’augmentation de la prévalence de l’hypertension systolique (augmentation de la pression artérielle due, en partie, au stress, à la sédentarité et/ou à l’obésité) et l’insuffisance cardiaque chez les femmes âgées. La vitesse de l’onde de pouls carotido-fémorale (VOP) est considérée comme la mesure de référence de la rigidité artérielle. Cette VOP est la vitesse à laquelle l’onde de pouls se propage sur un segment artériel. Dans des artères souples et élastiques, l’onde de pouls se propage lentement, à contrario, dans des artères rigides, l’onde de pouls de propage rapidement. Une rigidité aortique élevée représente un risque cardiovasculaire majeur. En effet une augmentation de la VOP d’1 m/s correspond à une augmentation de 14% du risque cardiovasculaire. Une diminution de la VOP semblerait donc être associée à une diminution du risque cardiovasculaire.

Une perte de force et de masse musculaire est associée, chez les personnes âgées, à une pathologie appelée Sarcopénie, ou dystrophie musculaire liée à l’âge. Ses conséquences sont multiples, par exemple, une fatigabilité entraînant une diminution de l’activité physique, un risque accru de chutes et de fractures, une augmentation du risque de dépendance associé à une perte de la qualité de vie…

De précédentes études ont montré que l’augmentation de la VOP est associée à une diminution de la masse maigre, appelée sarcopénie (également connue sous l’appellation « dystrophie musculaire liée à l’âge »). Ce phénomène touche préférentiellement les jambes chez les femmes âgées. Cette relation (VOP – sarcopénie) semble être plus importante pour les femmes que pour les hommes. Une forte VOP est associée, chez les femmes post-ménopausées, à un risque accru de maladie cardiovasculaire, ainsi qu’un risque accru de sarcopénie. L’indice de masse maigre de la jambe, est un déterminant important de la sarcopénie et également le déterminant le plus important de la réduction de la rigidité aortique artérielle chez les personnes âgées (une augmentation de la VOP étant associée à une diminution de la masse maigre). L’amélioration de cette masse maigre (de la jambe) semblerait avoir des bienfaits cardiovasculaires chez les femmes ménopausées.

Le but de cette étude a été d’évaluer les effets indépendants et combinés du sport et de la supplémentation en L-citrulline sur la VOP et la fonction musculaire chez des femmes ménopausées obèses, l’obésité étant un risque supplémentaire de maladie cardiovasculaire. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que le sport + une supplémentation en L-citrulline auraient de plus grandes améliorations sur la VOP et la force/masse musculaire de la jambe que le sport seul.

Méthodes :

Pour cette étude, 41 femmes âgées de 58 ± 3 ans, ménopausées (≥1 an sans menstruation), en surpoids ou obèses (IMC = 34 ± 2 kg/m2) avec pré-hypertension ou hypertension, non-fumeuses, et sédentaires (<60 min d’exercice aérobie par semaine et aucun entrainement en résistance au cours des 6 derniers mois) se sont portées volontaires.

Les participantes ont été réparties au hasard dans 3 groupes différents, pour une période de 8 semaines :

• Sport et Placebo (n=14) (sport = 3 entraînements par semaine d’environ 1h, combinant des exercices statiques et des exercices dynamiques sur une plateforme vibrante, espacés de 48 h chacun)
• Supplémentation en L-citrulline : 6 g par jour en 2 prises (matin et soir, n=14)
• Sport et supplémentation en Citrulline (n=13) (sport = 3 entraînements par semaine, espacés de 48 h chacun)

Les mesures suivantes ont été relevées avant et après l’intervention : VOP carotido-fémorale, VPO de la jambe, VPO du bras, composition corporelle, et forces musculaires du bras et de la jambe.

Résultats :

En 8 semaines, les 3 traitements permettent une diminution des VPO de la jambe et du bras mais seul le sport associé à une complémentation en L-citrulline permet une diminution de la VPO carotido-fémorale (-0,91 ± 0,21 m/s). En fin d’étude, la VPO carotido-fémorale du groupe sport + citrulline était significativement plus faible que celle du groupe sport seul mais équivalente à celle du groupe L-citrulline seule.

Chez ces personnes ménopausées et obèses, le poids corporel, l’IMC, la masse musculaire du bras, et la force du bras n’ont pas changé à la suite des trois interventions. Seul le sport associé à une supplémentation en L-citrulline a permis d’augmenter la masse musculaire de la jambe (6,0 ± 2,2%) et l’indice de masse maigre appendiculaire (4,8 ± 1,8%). Cependant, une des faiblesses de cette étude est de ne pas montrer les valeurs de départ : étaient-elles identiques entre les groupes au début de l’étude ? Il a également été constaté que l’indice de masse musculaire de la jambe était accru après 8 semaines uniquement dans le groupe sport + L-citrulline (Fig. 1a) et que la force musculaire de la jambe était accrue après les 2 interventions contenant du sport (Fig. 1b). De même, chez ces femmes obèses, le pourcentage de masse grasse fût diminué après les interventions contenant du sport.


Conclusion

En conclusion, chez ces femmes ménopausées obèses, huit semaines de sport combiné à une complémentation en L-citrulline est efficace pour améliorer la rigidité aortique (permettant de faire baisser la tension artérielle) et la fonction musculaire. Bien que huit semaines de L-citrulline et sport, indépendamment, aident à réduire la rigidité artérielle de la jambe, la L-citrulline seule n’avait aucun effet sur la fonction musculaire tandis que le sport seul augmentait la force musculaire, mais pas l’indice de masse musculaire.

Par conséquent, le sport couplé à une supplémentation en L-citrulline pourrait être une bonne alternative visant à contrer les effets du vieillissement et de l’obésité sur la rigidité artérielle, la masse musculaire de la jambe chez les femmes post-ménopausées.

 

Publication scientifique: Figueroa A, Alvarez-Alvarado S, J. Ormbsee M, A. Madzima T, et al. Impact of L-Citrulline supplementation and whole-body vibration training on arterial stiffness and leg muscle function on obese postmenopausal women with hight blood pressure – Experimental Gerontology 2015

Autres études sur la citrulline

 

ProteoCIT, pour les besoins nutritionnels en cas de sarcopénie (ou dystrophie musculaire liée à l’âge) ou de dénutrition, notamment chez les personnes âgées fragiles.

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