Dernière mise à jour le 9 octobre 2015 par Dr Cécile Loï

Citrulline : améliore le bilan azoté



Le bilan azoté est un bon marqueur pour l’évaluation d’une thérapeutique nutritionnelle. Il indique l’évolution nette de la masse protéique.

Bilan azoté = azote ingéré (protéines alimentaires ou acides aminés) – azote excrété (pertes urinaires, digestives).

Le bilan azoté est positif en situation anabolique, c’est à dire lorsque la masse protéique s’accroît, comme par exemple en période de croissance. Chez un adulte dont la masse protéique est constante, le bilan azoté est proche de zéro. En revanche, en situation catabolique, c’est à dire dans des circonstances pathologiques accompagnées d’une fonte protéique, comme dans les états de dénutrition ou de sarcopénie (c’est à dire de dystrophie musculaire liée à l’âge), le bilan azoté est négatif.

Des chercheurs du CHU de Nantes ont étudié les moyens d’influencer la citrullinémie chez l’Homme en déterminant si les taux circulants de Citrulline pouvaient être diminués in vivo chez l’homme, en appauvrissant en glutamine (son précurseur endogène principal), et augmentés par supplémentation orale en citrulline. Ils ont également évalué les conséquences de telles variations sur les teneurs en acides aminés apparentés, oxyde nitrique, citrulline urinaire, et azote uréique.

Méthode :

Dix jeunes adultes en bonne santé ont participé à cette étude. Chaque sujet a été confronté à trois études différentes séparées par 1 semaine d’intervalle. Chaque jour correspondant à une étude, les sujets devaient arriver à jeun, au CHU de Nantes, ou ils passaient la journée et recevaient une alimentation standard. Chaque sujet à été étudié dans 3 circonstances :

• Conditions de base
• Durant une supplémentation orale en Citrulline : 0,18 g/kg en 3 prises (soit 5 g par prise pour un homme de 80 kg)
• Après 24h de traitement au phenylbutyrate (un « chélateur » de glutamine) : 0,36 g/kg, dose connue pour diminuer de 25 % la glutaminémie

Les sujets étaient tout d’abord étudiés dans les conditions de base, puis, pour les deux autres études, leur ordre fut randomisé.

Résultats :

Le traitement par phénylbutyrate a induit une diminution significative de glutamine plasmatique (de 7.3 ± 9.2%) entraînant une diminution de 18 ± 14% de la citrullinémie (de 39±4 mol/l à 32±3 mol/l) et de 19 ± 17% de la Citrulline urinaire, sans altérer l’ornithinémie ou l’argininémie.

L’administration de Citrulline par voie orale a induit une augmentation importante de la Citrullinémie (de 39±4 à 225±44 mol/l), associée à une augmentation de glutaminémie, d’ornithinémie et d’argininémie, sans augmentation de l’excrétion uréique.

Ils constatent également qu’une supplémentation en Citrulline est associée à une augmentation de 57 % du bilan azoté (voir figure ci-dessous), et interprètent cela comme une augmentation de la synthèse protéique.


Conclusion

Cette étude démontre que la Citrulline plasmatique peut être diminuée par un appauvrissement en glutamine, et augmentée par supplémentation orale en Citrulline et les chercheurs en concluent que la Citrulline est efficacement absorbée dans l’intestin et réabsorbée par le rein.

Cette étude est la première à suggérer que la supplémentation orale en Citrulline peut être utilisée pour augmenter la disponibilité de l’Arginine sans affecter l’excrétion de l’urée, et pour augmenter la synthèse protéique (évaluée par un bilan azotée accru) chez des individus sains . D’après les chercheurs, d’autres études seraient nécessaires pour mieux caractériser l’effet anabolisant protéique de la citrulline in vivo chez l’homme.

 

Publication scientifique: Rougé C, Des Robert C, Robin A, et al. Manipulation of citrulline avaibility in humans – American Physiological Society, 2007

Autres études sur la citrulline

 

 

ProteoCIT, pour les besoins nutritionnels en cas de sarcopénie, ou dystrophie musculaire liée à l’âge, ou de dénutrition, notamment chez les personnes âgées fragiles.

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