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Combattre le stress lié aux préjugés sur le vieillissement diminuerait les risques de maladie d’Alzheimer

Alzheimer le stress lié aux préjugés                  télécharger en pdf (239 K0)  D’ici 2050, plus de 115 millions de personnes dans le monde seront affectées par la maladie d’Alzheimer. Cette maladie neurodégénérative conduit à une perte progressive et irréversible des fonctions mentales. Elle est causée par l’apparition de protéines anormales : les  protéines β-amyloïde et les protéines tau. Les protéines β-amyloïde ont une structure leur permettant de se lier entre elles et de former des fibres rigides et linéaires : on parlera alors de fibrilles β-amyloïde. Ces fibrilles s’accumulent à l’extérieur des cellules du cerveau et forment des plaques insolubles (appelées aussi plaques séniles). Les protéines tau ont quant à elle une structure anormale leur permettant de former des fibrilles hélicoïdales à l’intérieur des cellules : on parlera de dégénérescence neurofibrillaire (DNF). La structure des cellules du cerveau est alors désorganisée et leur fonctionnement perturbé, conduisant à leur mort prématurée.  Partant du principe que notre moral influence notre santé, des chercheurs américains ont tenté d’établir un lien entre la maladie d’Alzheimer et les stéréotypes liés à l’âge. Ils se sont appuyés sur une population de personnes âgées issue du groupe d’étude américain sur le vieillissement Baltimore Longitudinal Study of Aging. Les personnes sélectionnées présentaient toutes un bon état de santé et aucun signe de maladie d’Alzheimer, ou de maladies cérébrales au début de l’étude.  Les clichés sur le vieillissement sont évalués grâce à un questionnaire dont le score s’échelonne de 0 à 16 : plus le score est élevé plus cela témoigne d’une mauvaise image et de pensées négatives sur l’âge. Les chercheurs étudient par la suite l’état du cerveau des répondants 25 ans après l’enquête. Dans un premier temps, les scientifiques analysent le volume de l’hippocampe (zone du cerveau importante pour la mémoire) par des IRM cérébrales (images du cerveau). 52 personnes âgées en moyenne de 68 ans ont accepté de subir des IRM annuelles pendant 10 ans. La deuxième partie de l’étude se consacre à l’analyse des quantités de plaques séniles et de neurofibrilles par autopsie cérébrale. Les chercheurs ont pu effectuer 74 autopsies de personnes d’un âge moyen de 89 ans. Les degrés d’accumulation des plaques et des neurofibrilles dans le cerveau ont été mesurés respectivement grâce au critère du CERAD (Consortium d’établissement du registre de la maladie d’Alzheimer) et au critère Braak.  Les résultats montrent que les personnes avec des mauvaises pensées sur le vieillissement présentent une diminution du volume de l’hippocampe trois fois plus importante que les autres. D’autre part, les scores CERAD et Braak sont additionnés pour donner un total sur 6 témoignant du degré d’accumulation des plaques et des neurofibrilles : faible (2-3), modéré (4) ou sévère (6). Les participants qui avaient exprimé le plus de préjugés négatifs sur le vieillissement 25 ans plus tôt (scores supérieurs à 9/16 au questionnaire), enregistraient des scores CERAD + Braak allant de 4 à 6 suggérant un degré d’accumulation de plaques séniles et de neurofibrilles important.  Cette étude est donc la première à démontrer un lien entre des facteurs psychologiques et le développement de la maladie d’Alzheimer. Ainsi, en combattant les préjugés sur l’âge, et en réduisant le stress causé par ces pensées, on peut diminuer le risque de maladie d’Alzheimer. Source: Becca R.Levy et al. A Culture-Brain Link: Negative Age Stereotypes Predict Alzheimer’s Disease Biomarkers. Psychology and Aging. December 2015 Alzheimer le stress lié aux préjugés

Le point sur l’hypertension en 6 questions

télécharger en pdf (290 K0)  Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus d’un adulte sur trois souffre d’hypertension artérielle, ce qui en fait la pathologie chronique la plus fréquentedans le monde. 1) Qu’est-ce que l’hypertension ?  L’hypertension artérielle se définit par une pression sanguine trop importante dans les artères (vaisseaux sanguins conduisant le sang du cœur aux organes).  Cette pression fragilise les artères et provoque leur rigidification voire leur obstruction par des dépôts lipidiques (on parlera d’athérosclérose).  Le diagnostic de l’hypertension repose sur la mesure de la pression artérielle le plus souvent en cabinet médical par un brassard tensiomètre qui va donner deux chiffres : la Pression Artérielle Systolique (PAS, pression lors de la contraction du cœur) et la  Pression Artérielle Diastolique (PAD, pression lors de la décontraction du cœur). Le diagnostic d’une hypertension est établi si PAS ≥ 140mmHg et PAD ≥ 90mmHg, les médecins parleront aussi d’une tension supérieure à 14/9. Cecidoit être confirmé par des mesures répétées au cours de trois consultations successives, sur une période de 3 à 6 mois. 2) Quels sont les risques associés à l’hypertension ?  L’hypertension, en fragilisant les artères qui irriguent le cerveau, le cœur, les reins ou encore les membres inférieurs, augmente le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus du myocarde, d’insuffisance rénale chronique… mais aussi un épuisement du muscle cardiaque. 3) Qui est concerné ?   Selon l’OMS, 50 % des femmes et 30 % des hommes âgés de 65 à 75 ans souffrent d’hypertension artérielle. L’hypertension est, après le tabagisme, la deuxième cause de mortalité avec 13% des décès annuels dans le monde. 4) Comment reconnaitre l’hypertension ?  L’hypertension est souvent diagnostiquée tardivement en raison de l’absence de symptômes. L’étude française ENNS (Etude Nationale Nutrition Santé, 2006) a révélé que la moitié des adultes ignoraient leur hypertension. Néanmoins, certains troubles peuvent alerter comme par exemple des forts maux de tête le matin au réveil ou tout au long de la journée, des vertiges, des troubles de la vue, des palpitations cardiaques, des suées, ou encore des saignements de nez. 5) Quelles sont les causes de l’hypertension ?  L’âge est le principal facteur en cause car le vieillissement est associé à une perte d’élasticité des artères. D’autres facteurs de risque comme le surpoids, la sédentarité ou encore l’alimentation (excès en sel, forte consommation d’alcool…) contribuent à augmenter la pression artérielle soit en augmentant le volume sanguin (le sel favorisant l’attraction de liquide dans les vaisseaux), soit en augmentant la rigidité des artères. 6) Quels traitements ?  Il existe plusieurs traitements médicamenteux qui visent à baisser la pression artérielle sous la barre des 140/90 mmHg : les diurétiques thiazidiques, les bêta-bloquants, et les inhibiteurs calciques. Plusieurs facteurs favorisant l’hypertension sont modifiables par de simples mesures hygiéno-diététiques, en particulier la pratique d’une activité physique modérée pendant au moins 30 minutes par jour, une alimentation équilibrée avec une modération des apports en sel et de la consommation d’alcool. Néanmoins, en l’absence d’amélioration après trois mois, un traitement hypotenseur s’impose. Source: Hypertension artérielle. Dossier de l’INSERM réalisé en collaboration avec Alain Tedgui, Directeur du Paris-Centre de recherche Cardiovasculaire (PARCC) à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) et Directeur de Recherche Inserm U970 – Janvier 2014. Image:Mise à disposition selon la licence Torange.fr

La perte de sensibilité à l’horloge biologique nous fait-elle vieillir ?

          protéasome                                           télécharger en pdf (250 K0)   De nombreux changements physiologiques et morphologiques se produisent au cours du vieillissement : cheveux blancs, rides, manque de tonus…De nombreuses preuves scientifiques ont pu montrer que l’accumulation de molécules oxydées est à l’origine du vieillissement cellulaire. Heureusement, l’organisme est doté de systèmes cellulaires qui permettent d’éliminer ces molécules : parmi eux, le protéasome, complexe protéique qui élimine les protéines oxydées. Il joue un rôle important dans la réponse au stress oxydant et ralentit le vieillissement cellulaire.   L’existence d’un rythme circadien (c’est à dire sur 24 h) avec une fluctuation au cours de la journée de certains paramètres physiologiques tels que la température du corps, la production hormonale ou la pression sanguine a amené une équipe de l’INSERM* à s’interroger sur l’influence de l’horloge biologique sur le vieillissement cellulaire et en particulier sur l’activité du protéasome.  Des cultures de cellules rénales embryonnaires humaines HEK293 ainsi que des fibroblastes HDF (cellules primaires du derme) sont étudiées pendant 50 h. Elles sont collectées toutes les 4h et les protéines sont extraites et quantifiées. L’activité du protéasome est mesurée. Les résultats montrent que l’activité du protéasome présente des oscillations régulières d’environ 24h suggérant ainsi une réponse à l’horloge biologique. Cependant, la production de protéines ne fluctue pas, suggérant que la réponse à l’horloge biologique du protéasome dépend de son activation et non de sa production.  De ce fait des activateurs du protéasome ont été suivis. Ainsi, dans les deux modèles cellulaires HEK 293 et HDF, l’activateur PA28αβ présente bien une périodicité dans son expression génétique et dans sa quantité cellulaire.  Cependant, l’observation de cellules âgées a aussi permis de montrer que les activités du protéasome étaient jusqu’à 4,5 fois plus faibles que dans des jeunes cellules, tandis que la quantité de protéines oxydées était environ 2 fois plus élevée. Et contrairement aux jeunes cellules, les activités du protéasome ne présentent aucune rythmicité circadienne dans les cellules âgées.  Par conséquent, passé un certain âge, l’horloge biologique n’a plus d’effet sur le protéasome, son activité diminue et le stress oxydant augmente provoquant le vieillissement cellulaire. « Il serait donc intéressant de tester l’effet de la réactivation expérimentale de la rythmicité circadienne du protéasome sur le métabolisme cellulaire, afin d’apprécier si la cellule rajeunit en étant moins oxydée » propose le chercheur Bertrand Friguet, avec l’idée d’apporter des réponses dans le cadre de la médecine antivieillissement. * unité 1164 Inserm/CNRS/université Pierre et Marie Curie, Adaptation biologique et Vieillissement, Institut de Biologie Paris Seine (IBPS), Paris Source: Desvergne & al. Circadian modulation of proteasome activity and accumulation of oxidized protein in human embryonic kidney HEK 293 cells and primary dermal fibroblasts. Free Radic Biol Med, édition en ligne du 1er mars 2016. Image : « the-eleventh-hour-758723_960_720 ». Mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

L’âge : premier facteur de discrimination à l’embauche

télécharger en pdf (259 K0)  Trop jeunes ou trop « vieux », l’âge est aujourd’hui le premier facteur de discrimination à l’embauche selon la 9e édition du Baromètre du Défenseur des Droits et de l’Organisation Internationale du Travail publié en février 2016. Pourtant, la discrimination à l’embauche sur l’âge est moins évoquée dans les médias que la discrimination sur l’origine, le handicap ou le sexe.  Le 18 avril 2016, l’Etat a lancé une campagne de sensibilisation pour lutter contre les stéréotypes et les discriminations dans le monde du travail. Cette campagne s’intitule #LesCompetencesDabord et est organisée par l’association A Compétence Égale. Cette dernière a réalisé une enquête autour de la perception des seniors dans le monde de l’emploi en interrogeant des candidats, des recruteurs en entreprise et des consultants en cabinet. 688 candidats âgés entre 46 et 51 ans ont été interrogés. Les résultats sont publiés sous la forme d’un Baromètre intitulé « L’accès à l’emploi et les seniors ». A quel moment devient-on senior ? Candidats, cabinets et entreprises s’accordent à placer le curseur à 50 ans. Cependant, les avis divergent quant à l’existence de freins à l’embauche de seniors : 64% des recruteurs en entreprises et 80% des consultants pensent qu’il n’y en a pas. Un avis qui n’est pas partagé par les seniors qui pensent à 90% que la discrimination est bel et bien réelle. Les principales craintes des recruteurs à l’embauche d’un senior sont le niveau de salaire,  la résistance au changement, la difficulté d’intégration dans des équipes plus jeunes et la faible adaptation aux nouvelles technologies. Or, ces craintes s’opposent à la réalité: 79% des seniors envisageraient une diminution de leur salaire, 93% accepteraient de changer de fonction et 89% des seniors accepteraient une mobilité géographique.  De plus, ces salariés en fin de carrière ne manquent pas d’atouts : l’expérience voire l’expertise, l’autonomie, la capacité de recul, d’analyse et de prise de risque. Autant de qualités professionnelles que les autres types de profils ne présentent pas. De plus, les seniors ne manquent pas de volonté et de motivation pour relever de nouveaux défis professionnels en étant prêts à reconsidérer salaires et fonctions. La discrimination sur l’âge est punie par la loi depuis 2001: un employeur coupable de discrimination risque 45 000 euros d’amende et trois ans de prison selon le Code pénal. Cependant, 90% des recruteurs pensent que les politiques publiques, et notamment la loi de 2009 qui oblige les entreprises à mettre en place un plan d’action en faveur du maintien et du recrutement des seniors, n’ont rien changé à la situation. L’association A Compétence Égale appelle ainsi les candidats seniors à mieux valoriser leur expertise, et les recruteurs à faire preuve de plus de transparence sur les méthodes de recrutement et à établir un contact plus humain avec les candidats. L’association lutte depuis maintenant 10 ans contre les discriminations et insiste sur l’importance d’un recrutement basé uniquement sur les compétences. Source : L’accès à l’emploi et les seniors. A Compétence Égale. Février 2016Image: « recrutement »> de ClkerFreeVectorImages. Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

Quels sont les médicaments à éviter pour mieux se soigner ?

télécharger en pdf (277 K0)   Pour la 4e année consécutive, la revue Prescrire spécialiste en traitements et stratégies de soins, publie un bilan des médicaments à écarter. Cette analyse, portant sur des médicaments analysés durant six ans, de 2010 à 2015, a recensé 74 médicaments dont la balance bénéfices-risques est défavorable : autrement dit, ces médicaments sont plus dangereux qu’utiles.   La revue Prescrire apporte donc une analyse attentive des effets indésirables de ces médicaments. Les effets indésirables sont souvent moins étudiés que l’efficacité. Au moment de l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament, beaucoup d’incertitudes peuvent persister : certains effets indésirables rares mais graves ne sont pas repérés lors des essais, et le sont parfois seulement après plusieurs années d’utilisation par un grand nombre de patients. Ces médicaments à écarter peuvent être des médicaments actifs, mais qui compte tenu de la situation clinique exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent. Parmi ces médicaments dangereux nous pouvons en citer quelques-uns: Maladies cardiovasculaires : Le bézafibrate (Befizal°), le ciprofibrate (Lipanor° ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl° ou autre) sont des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire au-delà d’un effet placebo, et exposent à de nombreux effets indésirables, notamment cutanés, hématologiques et rénaux. Antidouleur: L’analyse des effets indésirables cardiovasculaires des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) a conduit à constater que le diclofénac (Voltarène° ou autre) expose à plus d’effets indésirables cardiovasculaires (infarctus du myocarde, insuffisances cardiaques…) que d’autres AINS, tels que l’ibuprofène (Brufen° ou autre) ou le naproxène (Apranax° ou autre) à la dose maximale de 1 200mg par jour, sans avantage d’efficacité. Le paracétamol est l’antalgique de premier choix : il est efficace dans les douleurs modérées et présente peu de danger quand sa posologie est maîtrisée. Il peut ainsi être prescrit pour traiter l’arthrose. En effet, les médicaments autorisés dans le traitement de fond de l’arthrose sont à écarter, car ils n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo, mais des effets indésirables notables. La glucosamine (Voltaflex° ou autre) par exemple expose à des réactions allergiques (angioedèmes, néphropathies interstitielles aiguës) et à des hépatites. Ostéoporose : Plusieurs médicaments autorisés dans l’ostéoporose sont à écarter car leur efficacité est au mieux modeste. Le dénosumab (Prolia°) par exemple a une efficacité très modeste en prévention des fractures et expose à des douleurs dorsales et musculosquelettiques et à des infections graves. Dans cette situation, quand les moyens non médicamenteux et l’apport de calcium et de vitamine D sont jugés d’efficacité insuffisante, l’acide alendronique (Fosamax° ou autre), voire le raloxifène (Evista° ou autre) en alternative, ont une meilleure balance bénéfices-risques. Gastro-entérologie : La dompéridone (Motilium° ou autre) et le dropéridol (Droleptan°), des neuroleptiques (antipsychotiques), exposent à des troubles du rythme cardiaque et des morts subites, disproportionnés par rapport aux symptômes traités et à leur faible efficacité sur les nausées et vomissements ; et, pour la dompéridone, sur les reflux gastro-œsophagiens. Dans les reflux gastro-œsophagiens, d’autres médicaments ont une balance bénéfices-risques beaucoup plus favorable, tels les antiacides ou l’oméprazole (Mopral° ou autre). Il n’y a donc pas de raison valable que ces médicaments plus dangereux qu’utiles restent sur le marché, selon la revue Prescrire. Source: La Revue Prescrire Bilan Février 2016/Tome 36 N° 388, pages 138 à 146.Image: « allergy-18656_640 » de PublicDomainPictures. Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

Baromètre Autonomie 2015: bilan sur le vieillissement et la perte d’autonomie en France

télécharger en pdf (342 K0)   Il ne s’agit pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années. C’est dans cet esprit qu’un réel débat est ouvert autour de l’amélioration de la situation des personnes âgées et/ou en perte d’autonomie. En 2015, une nouvelle enquête Baromètre Autonomie enregistre l’évolution des pensées sur la perte d’autonomie auprès de 1 600 personnes (dont plus de 60% ont entre 40 et 65 ans). Depuis 2012, un projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a permis de mettre en lumière la volonté générale d’être à l’écoute des personnes âgées. Cette loi repose sur une anticipation et une adaptation de la société face au vieillissement de la population.   Parmi ces adaptations, l’accompagnement à la personne doit être au centre du débat car 80% des Français plébiscitent le maintien à domicile lorsqu’il s’agit d’envisager l’aide à apporter à un proche. Cependant seul 50% pensent que la famille peut agir seule, d’où la prise de conscience des charges pesant sur l’aide familiale en termes financiers, mais aussi de temps, de stress, de pression psychologique et physique ou encore concernant la difficulté à concilier le rôle d’aidant avec la vie professionnelle et personnelle. Cette enquête indique que 62,3% des Français ne connaissent pas le coût mensuel moyen dépensé par une personne en perte d’autonomie. Aujourd’hui ce coût est estimé à environ 1 800 € par mois à domicile et 2 500 € par mois en établissement, dont environ 1 000€ de reste à charge. (Source : Fondation Alzheimer) Concernant le financement de la perte d’autonomie, les résultats de l’enquête montrent que : La perte d’autonomie implique bien souvent une aide informelle ou familiale, qui commence à être reconnue politiquement :   Cependant, aidant est une activité à hauts risques car 83% des aidants déclarent ressentir une charge lourde et éprouvent un sentiment de solitude. Les aidants sont exposés à un risque de surmortalité de 60% dans les 3 ans qui suivent le début de la maladie de leur proche.   D’ailleurs, l’enquête Baromètre Autonomie montre que les français sont à 75,6% pour les aménagements des horaires des aidants, à 81,8% pour le maintien de leurs droits sociaux et à 72,5% pour le renforcement de l’aide au répit.   De ce fait, cette enquête a permis de mettre en lumière les attentes de la société en termes de vieillissement : les Français souhaitent un financement solidaire, complémentaire et pérenne du risque de perte d’autonomie, une meilleure reconnaissance du statut d’aidant, et une réforme de la prise en charge en établissement. Il s’agit aujourd’hui de changer de regard sur « les vieux » et de se sentir tous concernés par la question, bien que pour la plupart la perte d’autonomie reste encore taboue car elle fait peur ou parait lointaine. Source : Baromètre Autonomie OCIRP, 2015

Le point sur la gonarthrose en 6 questions

télécharger en pdf (331 K0)   La gonarthrose ou arthrose du genou est une maladie relativement peu répandue mais cependant très handicapante. Que savez-vous sur la gonarthrose ? Nous vous proposons de faire le point sur le sujet en 6 questions :   1) Qu’est-ce que la gonarthrose ?La gonarthrose est une arthrose du genou. Comme toutes les articulations, le genou est formé d’os recouverts à leur extrémité de cartilage, une matière molle permettant aux os de glisser l’un contre l’autre pour rendre l’articulation mobile. La gonarthrose correspond à la dégradation du cartilage, conduisant à une diminution de son épaisseur, rendant sa surface irrégulière et induisant à terme des défauts de glissements et donc des mouvements articulaires difficiles et douloureux.   2) Quelles sont les causes de la gonarthrose ?L’âge et l’obésité ou le surpoids sont les facteurs de risque les plus importants. Les défauts de l’axe du genou et les antécédents traumatiques influencent aussi l’apparition de la maladie. Certaines activités sportives pratiquées de façon intensive et qui sollicitent le genou peuvent également être en cause : football, rugby, ski…   3) Comment se manifeste la gonarthrose ?C’est la douleur qui alerte le patient. La douleur peut être localisée (face interne, externe, ou dans le creux arrière) ou toucher l’ensemble du genou. La raideur du genou survient plus tardivement, caractérisée par une limitation des mouvements que ce soit l’extension ou la flexion. L’arthrose avérée peut conduire à une déformation des genoux qui se rapprochent ou s’éloignent l’un de l’autre.   4) Quels sont les traitements possibles ?Le but essentiel du traitement est de soulager la douleur. Le traitement est essentiellement médical au début : l’échec éventuel de ce type de traitement peut conduire au traitement chirurgical. Le patient est interrogé sur certaines caractéristiques précises de la douleur et des examens radiographiques sont menés pour analyser l’usure du cartilage. Des médicaments pour réduire la douleur sont prescrits : c’est le cas des anti-inflammatoires comme le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme le diclofénac.Des injections peuvent aussi être réalisées directement dans le genou : corticoïdes ou acide hyaluronique vont réduire la douleur.La perte de poids permet de réduire les pressions exercées sur le genou. L’exercice physique et le renforcement musculaire représentent un moyen efficace de lutte contre l’arthrose, car les masses musculaires soutiennent et protègent le genou de l’usure du cartilage.Le traitement chirurgical repose sur deux pratiques :– l’ostéotomie : l’os est sectionné puis réajusté, ce qui va permettre de mieux répartir le poids du corps au sein de l’articulation.– La prothèse : remplace le cartilage usé. La procédure consiste à retirer complètement l’articulation pour la remplacer par une prothèse.   5) Comment réduire la douleur au quotidien par des gestes simples ?On peut réduire la pression sur le genou par la limitation de la charge : par l’utilisation d’une canne traditionnelle ou médicale. On peut également avoir recours à des talonnettes ou des semelles orthopédiques conçues sur mesure pour chaque patient en fonction des douleurs ressenties. Il faut éviter le port de charges : utiliser une poussette de marché à la place du panier, ou encore avoir recours à la livraison des courses alimentaires…   6) Existe-t-il des solutions naturelles ?Pour soulager les articulations douloureuses, on peut les masser avec des huiles essentielles comme celles de poivre, de menthe, d’eucalyptus citronné ou de gaulthérie. On peut aussi faire des décoctions et tisanes d’aubier de tilleul ou de reine-des-prés, reconnues pour leurs propriétés antidouleur. Source : Docteur Vincent Chassaing, Arthrose du genou (gonarthrose). Image: Cette oeuvre est mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

Faux médicaments : la santé des consommateurs en danger

télécharger en pdf (328 K0)   Un médicament contrefait est « un médicament qui imite le conditionnement, la forme, la couleur et la présentation du médicament original », déclare le Pr. François CHAST sur la vidéo de l’Institut International de Recherche Anti Contrefaçons de Médicaments (IRACM). La contrefaçon de médicaments existe depuis des siècles. Seulement, depuis les années 2000, la lumière est mise sur ce phénomène planétaire: la falsification de médicaments, générant jusqu’à 200 milliards de dollars par an, est désormais qualifiée par l’OMS d’activité criminelle organisée. De plus en plus de scandales ont révélé une circulation massive de faux médicaments sur les cinq continents : – Une étude réalisée en 2001 par l’OMS sur les produits anti-malaria en Asie a révélé que, sur 104 médicaments en circulation, 38 ne contenaient aucune substance active et n’avaient donc aucun effet. – En Chine, en 2009, l’ingestion d’une contrefaçon d’un antidiabétique traditionnel (hypoglycémiant) contant six fois la dose normale de glibenclamide  a causé deux morts et a conduit à l’hospitalisation de neuf personnes.   Un médicament contrefait peut être sans principe actif, avec un principe actif diminué, ou encore contenir des substances toxiques. C’est un phénomène mondial qui touche principalement les pays émergents, comme les pays d’Afrique ou d’Asie où les médicaments contrefaits représentent 30% des médicaments commercialisés. Les médicaments les plus souvent contrefaits sont les traitements contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Or ces médicaments pourraient causer jusqu’à 700 000 décès par an dans le monde.   Les trafiquants s’intéressent aux pays pauvres où les gens ne peuvent pas acheter de médicaments au prix normal, et aux pays où il est légal de vendre des médicaments via Internet. De ce fait, l’IRCAM a été créé pour mettre en garde les consommateurs des dangers de la toile et des sites frauduleux proposant des médicaments ou compléments alimentaires sans effets et qui peuvent se révéler toxiques.   Le rôle de l’IRACM est de lutter contre les médicaments contrefaits et de protéger les consommateurs. Les gouvernements, les agences de santé, les associations et les laboratoires pharmaceutiques, sont autant d’acteurs impliqués dans la lutte contre ce trafic. La lutte passe par l’information, la formation et la prévention.  Plusieurs actions ont été menées partout dans le monde dans le but de sécuriser les produits pharmaceutiques et leurs filières d’approvisionnement. Un exemple de ces actions est l’attribution d’un label et d’un logo aux sites internet commercialisant de manière légale des médicaments et répondant aux critères de qualité et de fiabilité dans leur approvisionnement. Vous pouvez désormais consulter la liste des pharmacies françaises autorisées à vendre des médicaments sur Internet sur le site du Ministère de la Santé. Ainsi, l’IRCAM appelle à une grande vigilance de la part de tous dans cette lutte contre les faux médicaments. Source: IRCAM Institut International de Recherche Anti contrefaçon des Médicaments, disponible sur http://www.iracm.com/ IRACM, Contrefaçon de médicaments un enjeu pour la santé publique (1) [VIDEO], janvier 2015. Image: « pills-943764_640 » de TBIT. Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

Le point sur le diabète en 6 questions

 Diabète                                             télécharger en pdf (328 K0)   Selon la Fédération Française des Diabétiques, la France comptait plus de 3 millions de personnes diabétiques en 2013. Mais que savez-vous vraiment du diabète ? Nous vous proposons de faire le tour du sujet en 6 questions à travers l’interview du Pr. Paul VALENSI par le magazine Notre temps.  1) Qu’est-ce que le diabète ?   Le diabète se caractérise par un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose (glycémie) trop élevé. On parle de diabète lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l, ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée. Cette hyperglycémie résulte d’un dysfonctionnement lié à une hormone : l’insuline. Alors que l’insuline est censée faciliter la pénétration du sucre dans les cellules (où il est stocké et transformé en énergie), elle échoue dans sa mission. Résultat, le sucre ne pouvant pénétrer dans les cellules, il s’accumule dans le sang.  2) Quels sont les différents types de diabète ?  3) Quelles sont les causes de cette maladie ?   Surpoids, obésité, manque d’activité physique, sédentarité constituent les principales causes du diabète en France. Le surpoids favorise l’insulino-résistance : les acides gras gênent l’action de l’insuline. L’âge est aussi un facteur causal : à partir de 35-40 ans il faut surveiller sa glycémie, car un diabète de type 2 peut se développer sans aucun symptôme. L’hérédité joue un rôle dans la transmission de ce type : lorsque l’un des deux parents est diabétique de type 2, le risque de transmission à la descendance est de l’ordre de 40 % et si les deux parents sont atteints, le risque s’élève à 70%.  4) Quels sont les symptômes ?  Pour le diabète de type 1 les symptômes sont très vite repérables : soif intense, urines fréquentes et abondantes, amaigrissement rapide, douleurs musculaires, vision troublée…Pour le diabète de type 2, certains de ces symptômes peuvent être présents et doivent bien sûr constituer une alerte mais parfois ils sont totalement absents. Très souvent, cette maladie est découverte de manière fortuite à l’occasion d’une analyse de sang.  5) Comment établit-on le diagnostic ?   Le diagnostic est établi en déterminant la glycémie lors d’une prise de sang. Celle-ci doit être renouvelée quelques jours plus tard pour confirmer le diagnostic. Il existe aussi le test de charge orale en glucose : après une première prise de sang, une dose de 75g de glucose en solution est administrée oralement à la personne. Deux heures plus tard, une nouvelle prise de sang doit être effectuée. Cela permet d’observer la tolérance de l’organisme au glucose.  6) Peut-on prévenir son apparition ?   Pratiquer une activité physique régulière et manger de façon équilibrée sont les seules armes pour retarder la survenue du diabète. Il faut ainsi adopter un mode de vie sain et équilibré, adapté à chaque âge, afin d’éloigner les facteurs de risque comme le surpoids et le manque d’activité physique. Si l’on présente un des facteurs de risque, un test de glycémie peut aider à établir un diagnostic et à agir dès le stade d’un pré-diabète caractérisé par une glycémie supérieure à 1.10 g/l à jeun. Source : Isabelle Gravillon, 6 questions sur le diabète, 25/03/ 2016, disponible sur : http://www.notretemps.com/sante/dietetique/6-questions-sur-le-diabete,i110852 Image :  » sugar-1068288_640″ de designfoto Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

OMS : « Bien vieillir » une priorité mondiale

La population mondiale vieillit, mais pas en bonne santé. Dans une série du journal scientifique The Lancet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) détaille les défis à venir pour les gouvernements du monde entier. La revue The Lancet a récemment publié une série sur la santé et le vieillissement qui constate une grande lacune des systèmes de santé pour résoudre les défis liés au vieillissement de la population au niveau mondial. La hausse de la fréquence des maladies chroniques et la baisse de la qualité de vie sont en passe de devenir un défi majeur pour la santé publique, du fait du vieillissement global de la population. L’ensemble de la population vit de plus en plus longtemps. Ainsi, à l’horizon 2020 et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans aura dépassé le nombre d’enfants en bas âge (moins de 5 ans) tandis qu’en 2050, la population mondiale des seniors aura atteint 2 milliards de personnes contre 841 millions en 2014. Comme le souligne l’OMS, la mise en place de stratégies peu coûteuses et efficaces pour réduire le tabagisme et l’hypertension artérielle, ainsi que l’amélioration des couvertures de santé ont permis dans les pays à revenu élevé à une baisse de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Pour autant, l’augmentation de la longévité grâce à l’amélioration des conditions de santé ne signifie pas que l’espérance de vie en bonne santé augmente. A ce titre, l’académie nationale de médecine publiait en Mai 2014 un rapport dans lequel elle faisait état qu’entre 2008 et 2013 en France, les incapacités fonctionnelles de la vie quotidienne se sont aggravées pour les français des 2 sexes âgés de 50 à 65 ans. La diminution de l’espérance de vie en bonne santé fonctionnelle (c’est-à-dire sans limitation dans les actes de la vie quotidienne) s’explique par un allongement plus important des années totales de vie que des années de vie indépendante et autonome. Les raisons de cette tendance à la pandémie de dépendance sont multiples et intriquées (niveaux d’éducation, styles et conditions de vie, obésité́, et augmentation de la précarité́). Par exemple, d’après les dernières estimations, on s’attend à ce que le nombre de personnes atteintes de démence triple en passant de 44 millions à l’heure actuelle à 135 millions à l’horizon 2050. Le Dr. John Beard, Directeur du Département Vieillesse et qualité de vie de l’Organisation Mondiale de la Santé, affirme que : « Des réformes profondes et fondamentales des systèmes de santé et d’aide sociale seront requises. Mais nous devons être attentifs à ce que ces réformes n’aggravent pas les inégalités qui sont à l’origine d’une grande partie de la mauvaise santé et des limitations fonctionnelles que nous observons chez les personnes âgées ». Le Dr. Ties Boerma, Directeur du Département Statistiques sanitaires et systèmes d’information à l’OMS, poursuit : « Si certaines interventions pourront s’appliquer dans le monde entier, il sera important que les pays surveillent la santé et l’état fonctionnel de leurs populations vieillissantes pour appréhender les tendances sanitaires et concevoir des programmes répondant aux besoins spécifiques qu’ils auront identifiés. Des enquêtes à l’échelle des pays, comme l’étude de l’OMS sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde (SAGE), le sondage mondial GALLUP et d’autres études longitudinales de cohortes sur le vieillissement au Brésil, en Chine, en Inde et en Corée du Sud, commencent à rétablir l’équilibre et apportent des données factuelles à l’appui des politiques, mais il reste encore beaucoup à faire.» Mais, la responsabilité d’améliorer la qualité de vie des ainés dans le monde va bien au-delà du secteur de la santé. Les stratégies à mettre en place doivent s’efforcer de mieux prévenir et prendre en charge les maladies chroniques, en proposant des soins de santé à la portée de tous et en prenant en considération l’environnement physique et social des malades. Comme pistes pour mettre en place ce « bien vieillir », on peut citer, pour exemples, l’encouragement des seniors à poursuivre une activité professionnelle, le dépistage précoce et la prévention de la fragilité, de la sarcopénie, ou dystrophie musculaire liée à l’âge, et des maladies chroniques (plutôt que le traitement) développer les cliniques mobiles pour les populations rurales… Le Dr. Chatterji, également du Département Statistiques sanitaires et systèmes d’information à l’OMS, rajoute pour conclure : « Nous devons collectivement regarder au-delà des coûts associés couramment au vieillissement pour réfléchir aux avantages que peut apporter à l’ensemble de la société une population âgée, en meilleure santé, plus heureuse et plus productive ». Sources : OMS : Communiqué de presse «Bien vieillir»: une priorité mondialeRapport : Importance du concept de FRAGILITÉ pour détecter et prévenir les dépendances «évitables» au cours du vieillissement –