Actualités scientifiques

Les habitudes alimentaires en EHPAD et les impacts sur la santé des résidents

télécharger en PDF (253 K0) Cette étude s’intéresse à la nutrition des personnes âgées vivant en résidence de soins de longue durée (RSLD) au Canada. Elle vise à comprendre les habitudes alimentaires des résidents et leur impact sur leur santé, notamment leur potentiel inflammatoire. Le guide alimentaire canadien de 2019 est utilisé comme référence pour évaluer la qualité des aliments consommés. La prévalence de la dénutrition chez les résidents de RSLD est élevée, d’où l’importance de mieux comprendre les habitudes alimentaires pour améliorer leur santé et leur qualité de vie. Pour cela, les habitudes alimentaires de 640 résidents vivant dans 32 établissements de soins de longue durée répartis dans quatre provinces du Canada ont été analysées, grâce à des enquêtes alimentaires sur 3 jours. Les aliments consommés ont été classés en 68 catégories en se basant sur le Guide alimentaire canadien. Ensuite, l’Indice d’inflammation alimentaire a permis d’évaluer le potentiel inflammatoire des aliments consommés. Les résultats de cette étude montrent que : Indice inflammatoire : Les aliments consommés avaient tendance à provoquer une réponse pro-inflammatoire. L’Indice d’inflammation alimentaire était significativement associé au sexe (les femmes avaient des scores plus élevés ; p < 0,0001) et au régime alimentaire (les aliments hachés avaient des scores plus élevés ; p = 0,036). Catégories d’aliments les plus consommés : Les cinq catégories d’aliments les plus consommées sont : les jus, le pain, le lait/lait de soja, les compléments nutritionnels oraux et les céréales. La consommation de calories provenant des légumes/fruits (10,3% ; 4,9% de fruits et légumes frais) et des céréales (25,0% ; 15,0% de céréales raffinées) était bien inférieure à celle provenant des sources de protéines (33,4% ; 31,6% d’origine animale) et d’autres groupes alimentaires (31,3%). La consommation de fruits et légumes est inférieure aux recommandations du guide alimentaire Canadien, avec une consommation élevée de jus. La consommation de céréales est conforme aux recommandations du guide alimentaire Canadien, mais la consommation de céréales raffinés est plus élevée que celle de céréales complètes, ce qui réduit la densité nutritionnelle et augmente le potentiel inflammatoire du régime alimentaire. Principales sources de protéines : Les principales sources de protéines consommées sont les boissons lactées (lait ou soja) (23%), les soupes et les ragoûts (10%), les œufs (10%), les sandwiches (9%) et les volailles (9%). Les sources de protéines dans les EHPAD canadiens sont principalement d’origine animale, ce qui augmente le potentiel inflammatoire du régime alimentaire, mais les compléments nutritionnels oraux sont nécessaires pour atteindre les apports recommandés. En conclusion, ce travail suggère que la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires en EHPAD doit être améliorée : il est recommandé de remplacer les céréales raffinées par des céréales complètes, d’inclure davantage de protéines végétales et de servir des fruits et légumes naturels (en évitant ceux préparés avec trop de sel ou de sucre ajouté). En effet, il est important de servir des menus sains en EHPAD, avec un potentiel inflammatoire faible, pour éviter les maladies chroniques. Cependant, il est important de tenir compte des préférences des résidents et de trouver un équilibre entre des aliments énergétiques et des aliments nutritifs pour prévenir la dénutrition. Des mesures d’éducation pourraient aider à favoriser un changement de comportement. Source : « Characterizing Canadian long‑term carehome consumed foods and their inflammatory potential: a secondary analysis » de Kaylen J. Pfisterer, Robert Amelard, Heather H. Keller et Alexander Wong, publié le 06 février 2023. Source image : « gros-plan-femme-etre-nourri », mise à disposition selon les termes de la licence Freepik. .

Enquête sur l’alimentation des personnes âgées en EHPAD : un constat alarmant

télécharger en PDF (215 K0) Après les révélations du livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet publié en janvier 2022 sur des cas de maltraitance, de privation de soins et de malnutrition dans des groupes privés tels qu’Orpea et Korian, le magazine « 60 millions de consommateurs » a publié en novembre 2023 les résultats de leur enquête sur l’alimentation en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes).  Et ces résultats sont tout aussi alarmants… L’analyse des 250 réponses reçues à un questionnaire envoyé à travers divers réseaux par le média « 60 millions de consommateurs » aux résidents d’EHPAD et à leurs proches,  montre que : Tous ces manquements sont la conséquence : En conclusion, En France, près d’un tiers des résidents d’EHPAD sont touchés par la dénutrition. Les gériatres soulignent l’importance cruciale de l’alimentation chez les personnes âgées, car elle fournit les nutriments et l’énergie essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Malgré les idées préconçues, le vieillissement augmente les besoins énergétiques en raison d’un rendement métabolique moins efficace, comme l’explique Annick Ruffat, diététicienne dans les hôpitaux de Luchon. Le Pr Éric Fontaine souligne l’importance du plaisir dans les repas et plaide pour la fin des régimes restrictifs en EHPAD et une collation 21-22 heures pour ceux qui ne dorment pas encore afin d’éviter un jeûne nocturne trop long. Le média 60 millions de consommateurs suggère des recommandations pour améliorer la situation : Sources : « Repas en Ehpad : les résultats inquiétants de notre enquête » | 60 Millions de Consommateurs. Patricia Chairopoulos, Octobre 2023. (le lien vers l’article). Image source : « gros-plan-mains-soutien  », mise à disposition selon les termes de la licence Freepik.

Le point sur la cataracte en 6 questions

télécharger en pdf (339 K0) La cataracte est une maladie qui affecte l’œil et provoque une baisse progressive de la vision pouvant aller jusqu’à la cécité. Elle est caractérisée par une opacification partielle ou totale du cristallin (sorte de lentille située dans l’œil, à l’arrière de l’iris).En temps normal, le cristallin est transparent mais lors d’une cataracte, l’opacification du cristallin empêche la lumière de traverser normalement et la vision se trouble. La cataracte peut avoir des impacts importants puisqu’elle occasionne une gêne dans les activités quotidiennes ou professionnelles. L’opacification du cristallin est un processus lent et inéluctable qui est lié à l’accumulation de facteurs oxydants au cours de la vie. Cette maladie est la plus part du temps liée à l’âge et apparaît donc le plus souvent après 60 ans mais elle n’est pas rare avant cet âge. Elle peut être dû à un traumatisme oculaire, une inflammation, un diabète ou encore une rétinite pigmentaire chez l’adulte. Certains facteurs de risques semblent impliqués comme l’exposition excessive aux rayonnements ultra-violets de la lumière solaire. Toutefois, il n’y a pas de prévention possible en population générale. Cette maladie étant facilement diagnostiquée, il est possible d’avoir une idée assez précise de sa prévalence. Aujourd’hui, elle touche plus d’une personne sur cinq à partir de 65 ans et près de deux sur trois après 85 ans. La cataracte est donc une pathologie très fréquente. A ce jour, le traitement le plus sûr et efficace à tout âge est la chirurgie. L’opération consiste à inciser le sac cristallin et à y introduire une petite sonde à ultrasons qui désagrège et aspire les dépôts opaques. Cette chirurgie conduit à la perte de fonction du cristallin ce qui était jusque dans les années 80, compensée par le port de grosses lunettes. Aujourd’hui, des implants intraoculaires sont glissés dans le sac cristallin lors de l’opération. Ils permettent ainsi de restituer la vision des patients mais aussi d’améliorer des défauts oculaires déjà préexistants. Dans plus de 90 % des cas, l’opération permet une excellente récupération fonctionnelle dès le lendemain de l’intervention ou en quelques jours. Néanmoins, les résultats peuvent être compromis en cas de pathologie oculaire préexistante affectant la rétine, notamment en cas de dégénérescence maculaire liée à l’âge. Ce traitement par chirurgie est tellement efficace que les travaux de recherche sont peu nombreux. Néanmoins, les progrès actuels concernent plutôt les implants. Les industriels ont d’ailleurs récemment développé des implants multifocaux permettant de rectifier la vision de près et de loin. En pratique, ces implants sont efficaces en cas de forte luminosité, mais inopérants dans le cas contraire. C’est pourquoi, ils ne sont utilisés que dans à peine 5 % des interventions. Des recherches sont donc encore nécessaires. Source : Inserm, dossier informatif sur la cataracte

« Maigrir c’est mourir » : 2 millions de personnes touchées en France par la dénutrition !

« Maigrir c’est mourir » : 2 millions de personnes touchées en France par la dénutrition ! Lors d’un webinaire organisé par Nutrisens, le Professeur Eric Fontaine, nutritionniste au CHU de Grenoble, nous livre les derniers chiffres de la dénutrition et nous explique quelles solutions peuvent être mises en place. Pour revoir la conférence : cliquez ici. Source image : « 1246587« , mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

Alimentation et risques de déclin cognitif, de démence et de maladie d’Alzheimer

télécharger en pdf (330 K0)      Un groupe de travail de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) s’est intéressé à la relation entre l’alimentation et le risque de déclin cognitif, de démence et de maladie d’Alzheimer. Le déclin cognitif est caractérisé par une détérioration des fonctions cognitives c’est à dire de la mémoire, du langage, du raisonnement, de la coordination des mouvements ou encore des reconnaissances. Ce déclin peut être d’origine physiologique, lié au vieillissement cérébral, ou bien  pathologique c’est-à-dire lié à une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer. Avec une incidence de 1,49/100 personnes/an, la démence représente, elle aussi, un problème de santé majeur puisqu’elle est caractérisée par la présence d’une atteinte des fonctions cognitives ce qui perturbe la vie quotidienne et conduit à la dépendance. Les facteurs de risque impliqués dans l’apparition de telles pathologies peuvent être environnementaux (tabagisme, faible niveau d’éducation, faible activité physique), génétiques mais également nutritionnels. En effet, comme il a été démontré pour plusieurs pathologies chroniques comme les maladies cardiovasculaires ou l’ostéoporose, l’alimentation joue un rôle important dans la réduction des risques. Cette expertise de l’ANSES indique que : Enfin, compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de sujets âgés susceptibles de souffrir d’atteinte cognitive et de démence est appelé à augmenter dans les prochaines années et représente donc un enjeu médical, social et économique important qu’il faut prendre en charge. Les facteurs liés à l’alimentation représentent un aspect majeur car il s’agit de facteurs modifiables sur lesquels il est possible d’intervenir en termes de prévention : il est donc important de surveiller son alimentation à tout âge et de veiller à couvrir au mieux ses besoins nutritionnels. Source : Rapport de l’ANSES : Actualisation des repères du PNNS : étude des relations entre consommation de groupes d’aliments et risque de maladies chroniques non transmissibles. Source image : « brain-1845940_640 », mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

Alimentation et Risques de Maladies cardiovasculaires

télécharger en pdf (341 K0)   Les maladies cardiovasculaires ou MCV constituent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins. Elles sont à l’origine de plus de 40 % des décès annuels dans l’Union Européenne et se situent au deuxième rang des causes de décès en France. De plus, avec un coût de plus de 192 milliards d’euros par an en Europe, les MVC représentent un défi socio-économique majeur. Outre la part de génétique, les principaux facteurs de risque des maladies coronariennes sont le manque d’activité physique, le tabagisme, l’abus d’alcool et la mauvaise alimentation.   Ces facteurs environnementaux se traduisent généralement par une hypertension artérielle, une hyperglycémie, une augmentation du cholestérol sanguin et en particulier du LDL, (Low Density Lipoprotein : protéine de basse densité = mauvais cholestérol)  mais également par un surpoids ou une obésité et sont donc responsable à 80 % de l’apparition de MVC.   Un groupe de travail de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a étudié  de nombreuses méta-analyses et plus de 15 cohortes humaines dans le but de comprendre les relations entre consommation de groupes d’aliments et risques de maladies cardiovasculaires. A partir de ces données, il a été constaté que la consommation des produits suivants était associée à une réduction du risque de MVC : Au contraire, la consommation des produits suivants est associée à une augmentation du risque de MVC :   Enfin, par manque de données, ce rapport ne se prononce pas sur un lien entre l’ingestion d’œufs, de produits laitiers, de café, de légumineuses ou encore de fruits à coque et le risque cardiovasculaire. Ce rapport n’a pas non plus pris en compte les pratiques culinaires et les modes de cuissons.   L’ANSES, dans ce rapport, démontre bien que l’alimentation est un facteur très important dans l’apparition de certaines pathologies chroniques. Comme le rapporte Ford et al en 2011, l’adoption d’un comportement sain (n’avoir jamais fumé, une activité physique suffisante, une alimentation saine et une consommation modérée d’alcool) réduit le risque d‘événements cardiovasculaires de 65 % ! L’accident vasculaire cérébral fait parti des MVC. Pour tout savoir sur l’AVC, consultez l’actualité suivante : « L’accident vasculaire cérébral«  Source : Rapport de l’ANSES : Actualisation des repères du PNNS : étude des relations entre consommation de groupes d’aliments et risque de maladies chroniques non transmissibles Source image : « delicious-1178513_640 », mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay. Maladies cardiovasculaires

Faites le point sur la sclérose en plaques en 6 questions

télécharger en pdf (317 K0)  La sclérose en plaques (SEP) est une maladie du jeune adulte qui représente la première cause non traumatique de handicap sévère chez les trentenaires.  En France, la SEP touche près d’une personne sur 1 000, soit environ 75 000 malades, dont les deux tiers sont des femmes. Qu’est-ce que la sclérose en plaques ?  Cette maladie se caractérise par une inflammation du système nerveux central. Le système immunitaire des personnes malades considère la myéline (gaine entourant les cellules nerveuses) comme étrangère au corps et la détruit. Or cette gaine a pour rôle d’accélérer la transmission du message nerveux.  Ainsi, aux endroits où la myéline est détruite, les influx nerveux sont plus lents voire inexistants, ce qui provoque les symptômes de la maladie. Quels sont les symptômes ?  Les premiers signes sont souvent les troubles de la vision, suivis par ceux de la marche et de l’équilibre. Il peut également s’agir par la suite de fatigue, de troubles urinaires, sexuels ou de la concentration. Les troubles s’installent progressivement et durent de quelques jours à quelques semaines, avant de disparaître, avec ou sans séquelles.Les symptômes sont très variés : en fonction de la zone du cerveau ou de la moelle épinière touchée, il peut s’agir de perturbations motrices, sensitives et cognitives : troubles de l’équilibre,  troubles urinaires, fatigue musculaire, troubles de la mémoire, de la concentration ou encore dépression. Dans 15% des cas, la phase initiale de poussées (forme récurrente-rémittente) n’existe pas et les symptômes apparaissent directement progressivement puis s’aggravent avec le temps. Cette forme, appelée primitivement progressive, est de plus mauvais pronostic. Elle survient en général après l’âge de 40 ans. Comment la diagnostiquer ?  Il n’existe pas d’examens spécifiques permettant de diagnostiquer la sclérose en plaques. Le diagnostic est réalisé après un examen chez un neurologue, une IRM et éventuellement une ponction lombaire qui détecte l’inflammation du système nerveux central. L’objectif de ces examens est de confirmer une inflammation chronique et limitée au système nerveux central. Quelles sont les deux formes de la SEP ? La forme évolutive par poussées (85% des cas) : les symptômes apparaissent rapidement en quelques heures ou en quelques jours puis ils régressent totalement ou partiellement en quelques semaines (forme aussi appelée récurrente-rémittente). La forme progressive (15%) : les symptômes apparaissent progressivement puis s’aggravent avec le temps. Cette forme survient en général après l’âge de 40 ans et un handicap permanent peut s’installer. Quels sont les facteurs de risque ?  Il existe des facteurs génétiques et environnementaux favorables à l’apparition de la SEP. Le niveau d’ensoleillement influence le développement de la maladie : les zones de haute prévalence (où la SEP touche plus de 100 personnes sur 100 000) correspondent aux pays nordiques comme la Scandinavie, l’Ecosse ou le Canada. Dans les pays méditerranéens, cette maladie touche moins de 5 personnes sur 100 000. Le tabagisme représente aussi un facteur de risque. De nombreux virus ont été incriminés (rage, herpès, rubéole, rougeole…), mais leur implication n’a jamais été prouvée. Quels traitements ?  La cortisone est le traitement de référence en cas de forme par poussées et des traitements de fond sont utilisés pour réguler l’activité du système immunitaire (immunomodulateurs et immunosuppresseurs). Ces traitements permettent de prévenir les formes récurrentes-rémittentes de la maladie, mais pas les formes progressives.  En parallèle aux traitements médicamenteux, la rééducation aide les malades à entretenir leur capital musculaire afin d’éviter la perte d’autonomie. Et pour prévenir une fonte musculaire à partir de 50 ans, une supplémentation en citrulline peut être envisagée, cet acide aminé ayant d’ores et déjà fait ses preuves dans l’augmentation de la force et de la fonction musculaires, la lute contre la dystrophie musculaire liée à l’âge. Sources : Dossier de l’INSERM réalisé en collaboration avec Bernard Zalc, Directeur de recherche à l’Inserm, à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Paris) – Octobre 2014 Une étude a permis de découvrir 29 gènes associés à la maladie : sauf que cette étude-là a permis de découvrir 48 nouveaux variants : http://www.nature.com/ng/journal/v45/n11/full/ng.2770.html Image: « Multiple_Sclerosis« Mise à disposition selon les termes de la licence Wikimedia.

Technologies connectées : un allié pour surveiller sa santé

connectées                               télécharger en pdf (340 K0)  Grâce à l’essor d’internet, des téléphones intelligents et des tablettes, le marché des applications et des objets connectés est en pleine croissance depuis quelques années et se développe dans plusieurs domaines, dont celui de la santé.  En 2011, l’OMS définit la santé mobile (ou m-santé) : « Pratiques médicales et de santé publique supportées par des appareils mobiles, tels que les téléphones mobiles, les dispositifs de surveillance des patients, les PDA (Personal Digital Assistant) et autres appareils sans fil. »  La France compte 7 millions de personnes qui s’informent sur la santé via leur mobile ou tablette. Ces personnes ont téléchargé en moyenne 2,7 applications (plus de la moitié se sont contentées d’une seule application), essentiellement gratuites (à 87%), qu’ils ont localisées via une recherche sur internet (29%) ou un magasin d’applications (28%). Le Livre blanc Santé connectée, publié par l’Ordre des Médecins, recense plus de 100 000 applications santé en 2013, soit quinze fois plus qu’en 2010 : le nombre des applications mobiles santé est passé de 6 000 en 2010, à 20 000 en 2012 et 100 000 en 2013. Aujourd’hui, il existerait plus de 165 000 applications mobiles de santé (IMS Health, Septembre 2015).  Contrairement aux applications, les objets connectés sont mieux connus des Français : 53% en ont déjà entendu parler dans le domaine santé et bien-être (panel CCM Benchmark, mars 2014). Au top 5 des objets les plus prisés: balances, bracelets, montres, piluliers et tensiomètres. 23% de Français déclarent utiliser un objet connecté (sondage BVA/Syntec numérique), et 11% en auraient déjà adopté un dans le contexte santé et bien-être (parmi eux, un sur dix a plus de 55 ans). Le choix s’oriente dans la majorité des cas vers une balance. Les balances connectées permettent en plus d’informer sur le poids corporel, de réaliser un suivi de l’IMC et de la composition corporelle (masses grasses, hydrique, musculaire…). Le progrès ne s’arrête pas là : bientôt ce seront des objets connectés intégrés au corps, à l’image des lentilles qui mesurent le taux de sucre dans le sang ou du patch électronique greffé sous la peau qui mesure les signes vitaux comme la température, le pouls, la respiration et la pression artérielle et qui envoie les analyses sur votre mobile.   Chez les malades chroniques, la santé mobile est un peu plus répandue que dans l’ensemble de la population, comme le souligne l’étude « À la recherche du ePatient ». Téléphones portables et e-mail permettent de mettre en relation médecins et malades chroniques : plus de 20% d’entre eux disposent du numéro de portable de leur médecin et/ou de son adresse de messagerie électronique.  La santé mobile ouvre des portes à un système de santé plus moderne et peut-être plus efficace. Les outils de la santé mobile contribuent en premier lieu à l’éducation à la santé. Dans son livre vert, la Commission européenne retient essentiellement trois bénéfices potentiels de ces outils : une prévention accrue et une meilleure qualité de vie, des systèmes de santé plus efficients et plus durables, et des patients plus responsables. Source : Livre blanc Santé connectée. Ordre des médecins. Janvier 2015 Image : « ui-771829 » Mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay. connectées connectées

Le point sur la DMLA en 6 questions

télécharger en pdf (286 K0) Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge est la première cause de malvoyance dans les pays industrialisés. Aujourd’hui, en France, près d’un million de personnes de plus de 50 ans ont des problèmes de vue causées par la ceci. Cette maladie provoque une perte d’autonomie visuelle pouvant entraîner une perte d’autonomie générale chez les personnes âgées. Qu’est-ce que la DMLA ?  La DMLA est un vieillissement anormalement rapide de la macula. La macula est la zone centrale de la rétine, à l’arrière de l’œil, où convergent les images, elle assure la vision centrale.Il existe deux formes de DMLA : –         La DMLA « sèche » ou atrophique (85 % des cas) se caractérise par la disparition progressive des cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine et l’apparition de dépôts lipidiques appelés « drusen ». Cette forme évolue lentement. –         La DMLA « humide » ou exsudative (15%) se caractérise par la formation de nouveaux vaisseaux («néovaisseaux») sous la rétine. Son évolution peut être particulièrement rapide. Quels sont les symptômes ? Les premiers signes se manifestent par : –         La nécessité d’augmenter la puissance d’éclairage pour lire ou écrire –         La difficulté pour percevoir les détails et les contrastes –         La déformation et le gondolement des lignes droites –         L’apparition d’une tâche plus ou moins foncée qui ampute la vision au centre du champ visuel  Ces symptômes doivent vous pousser à consulter un ophtalmologiste au plus vite. La DMLA peut apparaître dès l’âge de 50 ans mais son diagnostic est souvent fait 10 à 15 ans plus tard. Quels sont les facteurs de risque ?  L’âge est le premier facteur de risque de DMLA. Le tabagisme entre également en compte : il augmente le risque de survenue de la maladie d’un facteur 3 à 6. L’obésité double le risque de DMLA. La sédentarité et un déséquilibre alimentaire, et notamment une alimentation pauvre en antioxydants, jouent aussi un rôle dans la survenue de la DMLA. Comment prévenir la DMLA ?  Il est préconisé d’arrêter de fumer et d’avoir une alimentation riche en antioxydants : légumes, fruits frais, poisson gras (saumon, sardine, anchois…). Il est également recommandé d’avoir une activité physique régulière adaptée à son âge. Comment diagnostiquer ?  Pour le diagnostic, la première étape consiste à mesurer l’acuité visuelle (capacité à percevoir les petits objets) de près et de loin. Puis l’ophtalmologiste procède à un examen du fond d’œil. Suivant la forme de DMLA diagnostiquée, d’autres examens peuvent vous être prescrits comme l’angiographie (photographie de la rétine après injection intraveineuse d’un colorant fluorescent) et l’OCT (Tomographie en Cohérence Optique, procédé d’imagerie qui fournit des informations complémentaires aux images angiographiques). Quels traitements ?  Seule la DMLA exsudative peut être soignée grâce à un traitement anti-VEGF qui freine la prolifération des néovaisseaux, le VEGF étant un facteur de croissance qui permet la formation des néo-vaisseaux. La prise en charge non médicamenteuse de la DMLA (exsudative et atrophique) repose sur la rééducation basse-vision (permettant de mobiliser des zones de la rétine non touchées) et les systèmes optiques (grossissants). Source : : DMLA Dégénérescence Maculaire liée à l’âge– Juillet 2014. Image : : Wikimedia.

Le point sur l’hypertension en 6 questions

télécharger en pdf (290 K0)  Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus d’un adulte sur trois souffre d’hypertension artérielle, ce qui en fait la pathologie chronique la plus fréquentedans le monde. 1) Qu’est-ce que l’hypertension ?  L’hypertension artérielle se définit par une pression sanguine trop importante dans les artères (vaisseaux sanguins conduisant le sang du cœur aux organes).  Cette pression fragilise les artères et provoque leur rigidification voire leur obstruction par des dépôts lipidiques (on parlera d’athérosclérose).  Le diagnostic de l’hypertension repose sur la mesure de la pression artérielle le plus souvent en cabinet médical par un brassard tensiomètre qui va donner deux chiffres : la Pression Artérielle Systolique (PAS, pression lors de la contraction du cœur) et la  Pression Artérielle Diastolique (PAD, pression lors de la décontraction du cœur). Le diagnostic d’une hypertension est établi si PAS ≥ 140mmHg et PAD ≥ 90mmHg, les médecins parleront aussi d’une tension supérieure à 14/9. Cecidoit être confirmé par des mesures répétées au cours de trois consultations successives, sur une période de 3 à 6 mois. 2) Quels sont les risques associés à l’hypertension ?  L’hypertension, en fragilisant les artères qui irriguent le cerveau, le cœur, les reins ou encore les membres inférieurs, augmente le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus du myocarde, d’insuffisance rénale chronique… mais aussi un épuisement du muscle cardiaque. 3) Qui est concerné ?   Selon l’OMS, 50 % des femmes et 30 % des hommes âgés de 65 à 75 ans souffrent d’hypertension artérielle. L’hypertension est, après le tabagisme, la deuxième cause de mortalité avec 13% des décès annuels dans le monde. 4) Comment reconnaitre l’hypertension ?  L’hypertension est souvent diagnostiquée tardivement en raison de l’absence de symptômes. L’étude française ENNS (Etude Nationale Nutrition Santé, 2006) a révélé que la moitié des adultes ignoraient leur hypertension. Néanmoins, certains troubles peuvent alerter comme par exemple des forts maux de tête le matin au réveil ou tout au long de la journée, des vertiges, des troubles de la vue, des palpitations cardiaques, des suées, ou encore des saignements de nez. 5) Quelles sont les causes de l’hypertension ?  L’âge est le principal facteur en cause car le vieillissement est associé à une perte d’élasticité des artères. D’autres facteurs de risque comme le surpoids, la sédentarité ou encore l’alimentation (excès en sel, forte consommation d’alcool…) contribuent à augmenter la pression artérielle soit en augmentant le volume sanguin (le sel favorisant l’attraction de liquide dans les vaisseaux), soit en augmentant la rigidité des artères. 6) Quels traitements ?  Il existe plusieurs traitements médicamenteux qui visent à baisser la pression artérielle sous la barre des 140/90 mmHg : les diurétiques thiazidiques, les bêta-bloquants, et les inhibiteurs calciques. Plusieurs facteurs favorisant l’hypertension sont modifiables par de simples mesures hygiéno-diététiques, en particulier la pratique d’une activité physique modérée pendant au moins 30 minutes par jour, une alimentation équilibrée avec une modération des apports en sel et de la consommation d’alcool. Néanmoins, en l’absence d’amélioration après trois mois, un traitement hypotenseur s’impose. Source: Hypertension artérielle. Dossier de l’INSERM réalisé en collaboration avec Alain Tedgui, Directeur du Paris-Centre de recherche Cardiovasculaire (PARCC) à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) et Directeur de Recherche Inserm U970 – Janvier 2014. Image:Mise à disposition selon la licence Torange.fr