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La perte de sensibilité à l’horloge biologique nous fait-elle vieillir ?

          protéasome                                           télécharger en pdf (250 K0)   De nombreux changements physiologiques et morphologiques se produisent au cours du vieillissement : cheveux blancs, rides, manque de tonus…De nombreuses preuves scientifiques ont pu montrer que l’accumulation de molécules oxydées est à l’origine du vieillissement cellulaire. Heureusement, l’organisme est doté de systèmes cellulaires qui permettent d’éliminer ces molécules : parmi eux, le protéasome, complexe protéique qui élimine les protéines oxydées. Il joue un rôle important dans la réponse au stress oxydant et ralentit le vieillissement cellulaire.   L’existence d’un rythme circadien (c’est à dire sur 24 h) avec une fluctuation au cours de la journée de certains paramètres physiologiques tels que la température du corps, la production hormonale ou la pression sanguine a amené une équipe de l’INSERM* à s’interroger sur l’influence de l’horloge biologique sur le vieillissement cellulaire et en particulier sur l’activité du protéasome.  Des cultures de cellules rénales embryonnaires humaines HEK293 ainsi que des fibroblastes HDF (cellules primaires du derme) sont étudiées pendant 50 h. Elles sont collectées toutes les 4h et les protéines sont extraites et quantifiées. L’activité du protéasome est mesurée. Les résultats montrent que l’activité du protéasome présente des oscillations régulières d’environ 24h suggérant ainsi une réponse à l’horloge biologique. Cependant, la production de protéines ne fluctue pas, suggérant que la réponse à l’horloge biologique du protéasome dépend de son activation et non de sa production.  De ce fait des activateurs du protéasome ont été suivis. Ainsi, dans les deux modèles cellulaires HEK 293 et HDF, l’activateur PA28αβ présente bien une périodicité dans son expression génétique et dans sa quantité cellulaire.  Cependant, l’observation de cellules âgées a aussi permis de montrer que les activités du protéasome étaient jusqu’à 4,5 fois plus faibles que dans des jeunes cellules, tandis que la quantité de protéines oxydées était environ 2 fois plus élevée. Et contrairement aux jeunes cellules, les activités du protéasome ne présentent aucune rythmicité circadienne dans les cellules âgées.  Par conséquent, passé un certain âge, l’horloge biologique n’a plus d’effet sur le protéasome, son activité diminue et le stress oxydant augmente provoquant le vieillissement cellulaire. « Il serait donc intéressant de tester l’effet de la réactivation expérimentale de la rythmicité circadienne du protéasome sur le métabolisme cellulaire, afin d’apprécier si la cellule rajeunit en étant moins oxydée » propose le chercheur Bertrand Friguet, avec l’idée d’apporter des réponses dans le cadre de la médecine antivieillissement. * unité 1164 Inserm/CNRS/université Pierre et Marie Curie, Adaptation biologique et Vieillissement, Institut de Biologie Paris Seine (IBPS), Paris Source: Desvergne & al. Circadian modulation of proteasome activity and accumulation of oxidized protein in human embryonic kidney HEK 293 cells and primary dermal fibroblasts. Free Radic Biol Med, édition en ligne du 1er mars 2016. Image : « the-eleventh-hour-758723_960_720 ». Mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

Quels sont les médicaments à éviter pour mieux se soigner ?

télécharger en pdf (277 K0)   Pour la 4e année consécutive, la revue Prescrire spécialiste en traitements et stratégies de soins, publie un bilan des médicaments à écarter. Cette analyse, portant sur des médicaments analysés durant six ans, de 2010 à 2015, a recensé 74 médicaments dont la balance bénéfices-risques est défavorable : autrement dit, ces médicaments sont plus dangereux qu’utiles.   La revue Prescrire apporte donc une analyse attentive des effets indésirables de ces médicaments. Les effets indésirables sont souvent moins étudiés que l’efficacité. Au moment de l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament, beaucoup d’incertitudes peuvent persister : certains effets indésirables rares mais graves ne sont pas repérés lors des essais, et le sont parfois seulement après plusieurs années d’utilisation par un grand nombre de patients. Ces médicaments à écarter peuvent être des médicaments actifs, mais qui compte tenu de la situation clinique exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent. Parmi ces médicaments dangereux nous pouvons en citer quelques-uns: Maladies cardiovasculaires : Le bézafibrate (Befizal°), le ciprofibrate (Lipanor° ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl° ou autre) sont des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire au-delà d’un effet placebo, et exposent à de nombreux effets indésirables, notamment cutanés, hématologiques et rénaux. Antidouleur: L’analyse des effets indésirables cardiovasculaires des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) a conduit à constater que le diclofénac (Voltarène° ou autre) expose à plus d’effets indésirables cardiovasculaires (infarctus du myocarde, insuffisances cardiaques…) que d’autres AINS, tels que l’ibuprofène (Brufen° ou autre) ou le naproxène (Apranax° ou autre) à la dose maximale de 1 200mg par jour, sans avantage d’efficacité. Le paracétamol est l’antalgique de premier choix : il est efficace dans les douleurs modérées et présente peu de danger quand sa posologie est maîtrisée. Il peut ainsi être prescrit pour traiter l’arthrose. En effet, les médicaments autorisés dans le traitement de fond de l’arthrose sont à écarter, car ils n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo, mais des effets indésirables notables. La glucosamine (Voltaflex° ou autre) par exemple expose à des réactions allergiques (angioedèmes, néphropathies interstitielles aiguës) et à des hépatites. Ostéoporose : Plusieurs médicaments autorisés dans l’ostéoporose sont à écarter car leur efficacité est au mieux modeste. Le dénosumab (Prolia°) par exemple a une efficacité très modeste en prévention des fractures et expose à des douleurs dorsales et musculosquelettiques et à des infections graves. Dans cette situation, quand les moyens non médicamenteux et l’apport de calcium et de vitamine D sont jugés d’efficacité insuffisante, l’acide alendronique (Fosamax° ou autre), voire le raloxifène (Evista° ou autre) en alternative, ont une meilleure balance bénéfices-risques. Gastro-entérologie : La dompéridone (Motilium° ou autre) et le dropéridol (Droleptan°), des neuroleptiques (antipsychotiques), exposent à des troubles du rythme cardiaque et des morts subites, disproportionnés par rapport aux symptômes traités et à leur faible efficacité sur les nausées et vomissements ; et, pour la dompéridone, sur les reflux gastro-œsophagiens. Dans les reflux gastro-œsophagiens, d’autres médicaments ont une balance bénéfices-risques beaucoup plus favorable, tels les antiacides ou l’oméprazole (Mopral° ou autre). Il n’y a donc pas de raison valable que ces médicaments plus dangereux qu’utiles restent sur le marché, selon la revue Prescrire. Source: La Revue Prescrire Bilan Février 2016/Tome 36 N° 388, pages 138 à 146.Image: « allergy-18656_640 » de PublicDomainPictures. Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

Baromètre Autonomie 2015: bilan sur le vieillissement et la perte d’autonomie en France

télécharger en pdf (342 K0)   Il ne s’agit pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années. C’est dans cet esprit qu’un réel débat est ouvert autour de l’amélioration de la situation des personnes âgées et/ou en perte d’autonomie. En 2015, une nouvelle enquête Baromètre Autonomie enregistre l’évolution des pensées sur la perte d’autonomie auprès de 1 600 personnes (dont plus de 60% ont entre 40 et 65 ans). Depuis 2012, un projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a permis de mettre en lumière la volonté générale d’être à l’écoute des personnes âgées. Cette loi repose sur une anticipation et une adaptation de la société face au vieillissement de la population.   Parmi ces adaptations, l’accompagnement à la personne doit être au centre du débat car 80% des Français plébiscitent le maintien à domicile lorsqu’il s’agit d’envisager l’aide à apporter à un proche. Cependant seul 50% pensent que la famille peut agir seule, d’où la prise de conscience des charges pesant sur l’aide familiale en termes financiers, mais aussi de temps, de stress, de pression psychologique et physique ou encore concernant la difficulté à concilier le rôle d’aidant avec la vie professionnelle et personnelle. Cette enquête indique que 62,3% des Français ne connaissent pas le coût mensuel moyen dépensé par une personne en perte d’autonomie. Aujourd’hui ce coût est estimé à environ 1 800 € par mois à domicile et 2 500 € par mois en établissement, dont environ 1 000€ de reste à charge. (Source : Fondation Alzheimer) Concernant le financement de la perte d’autonomie, les résultats de l’enquête montrent que : La perte d’autonomie implique bien souvent une aide informelle ou familiale, qui commence à être reconnue politiquement :   Cependant, aidant est une activité à hauts risques car 83% des aidants déclarent ressentir une charge lourde et éprouvent un sentiment de solitude. Les aidants sont exposés à un risque de surmortalité de 60% dans les 3 ans qui suivent le début de la maladie de leur proche.   D’ailleurs, l’enquête Baromètre Autonomie montre que les français sont à 75,6% pour les aménagements des horaires des aidants, à 81,8% pour le maintien de leurs droits sociaux et à 72,5% pour le renforcement de l’aide au répit.   De ce fait, cette enquête a permis de mettre en lumière les attentes de la société en termes de vieillissement : les Français souhaitent un financement solidaire, complémentaire et pérenne du risque de perte d’autonomie, une meilleure reconnaissance du statut d’aidant, et une réforme de la prise en charge en établissement. Il s’agit aujourd’hui de changer de regard sur « les vieux » et de se sentir tous concernés par la question, bien que pour la plupart la perte d’autonomie reste encore taboue car elle fait peur ou parait lointaine. Source : Baromètre Autonomie OCIRP, 2015

Le point sur la gonarthrose en 6 questions

télécharger en pdf (331 K0)   La gonarthrose ou arthrose du genou est une maladie relativement peu répandue mais cependant très handicapante. Que savez-vous sur la gonarthrose ? Nous vous proposons de faire le point sur le sujet en 6 questions :   1) Qu’est-ce que la gonarthrose ?La gonarthrose est une arthrose du genou. Comme toutes les articulations, le genou est formé d’os recouverts à leur extrémité de cartilage, une matière molle permettant aux os de glisser l’un contre l’autre pour rendre l’articulation mobile. La gonarthrose correspond à la dégradation du cartilage, conduisant à une diminution de son épaisseur, rendant sa surface irrégulière et induisant à terme des défauts de glissements et donc des mouvements articulaires difficiles et douloureux.   2) Quelles sont les causes de la gonarthrose ?L’âge et l’obésité ou le surpoids sont les facteurs de risque les plus importants. Les défauts de l’axe du genou et les antécédents traumatiques influencent aussi l’apparition de la maladie. Certaines activités sportives pratiquées de façon intensive et qui sollicitent le genou peuvent également être en cause : football, rugby, ski…   3) Comment se manifeste la gonarthrose ?C’est la douleur qui alerte le patient. La douleur peut être localisée (face interne, externe, ou dans le creux arrière) ou toucher l’ensemble du genou. La raideur du genou survient plus tardivement, caractérisée par une limitation des mouvements que ce soit l’extension ou la flexion. L’arthrose avérée peut conduire à une déformation des genoux qui se rapprochent ou s’éloignent l’un de l’autre.   4) Quels sont les traitements possibles ?Le but essentiel du traitement est de soulager la douleur. Le traitement est essentiellement médical au début : l’échec éventuel de ce type de traitement peut conduire au traitement chirurgical. Le patient est interrogé sur certaines caractéristiques précises de la douleur et des examens radiographiques sont menés pour analyser l’usure du cartilage. Des médicaments pour réduire la douleur sont prescrits : c’est le cas des anti-inflammatoires comme le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme le diclofénac.Des injections peuvent aussi être réalisées directement dans le genou : corticoïdes ou acide hyaluronique vont réduire la douleur.La perte de poids permet de réduire les pressions exercées sur le genou. L’exercice physique et le renforcement musculaire représentent un moyen efficace de lutte contre l’arthrose, car les masses musculaires soutiennent et protègent le genou de l’usure du cartilage.Le traitement chirurgical repose sur deux pratiques :– l’ostéotomie : l’os est sectionné puis réajusté, ce qui va permettre de mieux répartir le poids du corps au sein de l’articulation.– La prothèse : remplace le cartilage usé. La procédure consiste à retirer complètement l’articulation pour la remplacer par une prothèse.   5) Comment réduire la douleur au quotidien par des gestes simples ?On peut réduire la pression sur le genou par la limitation de la charge : par l’utilisation d’une canne traditionnelle ou médicale. On peut également avoir recours à des talonnettes ou des semelles orthopédiques conçues sur mesure pour chaque patient en fonction des douleurs ressenties. Il faut éviter le port de charges : utiliser une poussette de marché à la place du panier, ou encore avoir recours à la livraison des courses alimentaires…   6) Existe-t-il des solutions naturelles ?Pour soulager les articulations douloureuses, on peut les masser avec des huiles essentielles comme celles de poivre, de menthe, d’eucalyptus citronné ou de gaulthérie. On peut aussi faire des décoctions et tisanes d’aubier de tilleul ou de reine-des-prés, reconnues pour leurs propriétés antidouleur. Source : Docteur Vincent Chassaing, Arthrose du genou (gonarthrose). Image: Cette oeuvre est mise à disposition selon les termes de la licence Pixabay.

Faux médicaments : la santé des consommateurs en danger

télécharger en pdf (328 K0)   Un médicament contrefait est « un médicament qui imite le conditionnement, la forme, la couleur et la présentation du médicament original », déclare le Pr. François CHAST sur la vidéo de l’Institut International de Recherche Anti Contrefaçons de Médicaments (IRACM). La contrefaçon de médicaments existe depuis des siècles. Seulement, depuis les années 2000, la lumière est mise sur ce phénomène planétaire: la falsification de médicaments, générant jusqu’à 200 milliards de dollars par an, est désormais qualifiée par l’OMS d’activité criminelle organisée. De plus en plus de scandales ont révélé une circulation massive de faux médicaments sur les cinq continents : – Une étude réalisée en 2001 par l’OMS sur les produits anti-malaria en Asie a révélé que, sur 104 médicaments en circulation, 38 ne contenaient aucune substance active et n’avaient donc aucun effet. – En Chine, en 2009, l’ingestion d’une contrefaçon d’un antidiabétique traditionnel (hypoglycémiant) contant six fois la dose normale de glibenclamide  a causé deux morts et a conduit à l’hospitalisation de neuf personnes.   Un médicament contrefait peut être sans principe actif, avec un principe actif diminué, ou encore contenir des substances toxiques. C’est un phénomène mondial qui touche principalement les pays émergents, comme les pays d’Afrique ou d’Asie où les médicaments contrefaits représentent 30% des médicaments commercialisés. Les médicaments les plus souvent contrefaits sont les traitements contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Or ces médicaments pourraient causer jusqu’à 700 000 décès par an dans le monde.   Les trafiquants s’intéressent aux pays pauvres où les gens ne peuvent pas acheter de médicaments au prix normal, et aux pays où il est légal de vendre des médicaments via Internet. De ce fait, l’IRCAM a été créé pour mettre en garde les consommateurs des dangers de la toile et des sites frauduleux proposant des médicaments ou compléments alimentaires sans effets et qui peuvent se révéler toxiques.   Le rôle de l’IRACM est de lutter contre les médicaments contrefaits et de protéger les consommateurs. Les gouvernements, les agences de santé, les associations et les laboratoires pharmaceutiques, sont autant d’acteurs impliqués dans la lutte contre ce trafic. La lutte passe par l’information, la formation et la prévention.  Plusieurs actions ont été menées partout dans le monde dans le but de sécuriser les produits pharmaceutiques et leurs filières d’approvisionnement. Un exemple de ces actions est l’attribution d’un label et d’un logo aux sites internet commercialisant de manière légale des médicaments et répondant aux critères de qualité et de fiabilité dans leur approvisionnement. Vous pouvez désormais consulter la liste des pharmacies françaises autorisées à vendre des médicaments sur Internet sur le site du Ministère de la Santé. Ainsi, l’IRCAM appelle à une grande vigilance de la part de tous dans cette lutte contre les faux médicaments. Source: IRCAM Institut International de Recherche Anti contrefaçon des Médicaments, disponible sur http://www.iracm.com/ IRACM, Contrefaçon de médicaments un enjeu pour la santé publique (1) [VIDEO], janvier 2015. Image: « pills-943764_640 » de TBIT. Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Pixabay.

OMS : « Bien vieillir » une priorité mondiale

La population mondiale vieillit, mais pas en bonne santé. Dans une série du journal scientifique The Lancet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) détaille les défis à venir pour les gouvernements du monde entier. La revue The Lancet a récemment publié une série sur la santé et le vieillissement qui constate une grande lacune des systèmes de santé pour résoudre les défis liés au vieillissement de la population au niveau mondial. La hausse de la fréquence des maladies chroniques et la baisse de la qualité de vie sont en passe de devenir un défi majeur pour la santé publique, du fait du vieillissement global de la population. L’ensemble de la population vit de plus en plus longtemps. Ainsi, à l’horizon 2020 et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans aura dépassé le nombre d’enfants en bas âge (moins de 5 ans) tandis qu’en 2050, la population mondiale des seniors aura atteint 2 milliards de personnes contre 841 millions en 2014. Comme le souligne l’OMS, la mise en place de stratégies peu coûteuses et efficaces pour réduire le tabagisme et l’hypertension artérielle, ainsi que l’amélioration des couvertures de santé ont permis dans les pays à revenu élevé à une baisse de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Pour autant, l’augmentation de la longévité grâce à l’amélioration des conditions de santé ne signifie pas que l’espérance de vie en bonne santé augmente. A ce titre, l’académie nationale de médecine publiait en Mai 2014 un rapport dans lequel elle faisait état qu’entre 2008 et 2013 en France, les incapacités fonctionnelles de la vie quotidienne se sont aggravées pour les français des 2 sexes âgés de 50 à 65 ans. La diminution de l’espérance de vie en bonne santé fonctionnelle (c’est-à-dire sans limitation dans les actes de la vie quotidienne) s’explique par un allongement plus important des années totales de vie que des années de vie indépendante et autonome. Les raisons de cette tendance à la pandémie de dépendance sont multiples et intriquées (niveaux d’éducation, styles et conditions de vie, obésité́, et augmentation de la précarité́). Par exemple, d’après les dernières estimations, on s’attend à ce que le nombre de personnes atteintes de démence triple en passant de 44 millions à l’heure actuelle à 135 millions à l’horizon 2050. Le Dr. John Beard, Directeur du Département Vieillesse et qualité de vie de l’Organisation Mondiale de la Santé, affirme que : « Des réformes profondes et fondamentales des systèmes de santé et d’aide sociale seront requises. Mais nous devons être attentifs à ce que ces réformes n’aggravent pas les inégalités qui sont à l’origine d’une grande partie de la mauvaise santé et des limitations fonctionnelles que nous observons chez les personnes âgées ». Le Dr. Ties Boerma, Directeur du Département Statistiques sanitaires et systèmes d’information à l’OMS, poursuit : « Si certaines interventions pourront s’appliquer dans le monde entier, il sera important que les pays surveillent la santé et l’état fonctionnel de leurs populations vieillissantes pour appréhender les tendances sanitaires et concevoir des programmes répondant aux besoins spécifiques qu’ils auront identifiés. Des enquêtes à l’échelle des pays, comme l’étude de l’OMS sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde (SAGE), le sondage mondial GALLUP et d’autres études longitudinales de cohortes sur le vieillissement au Brésil, en Chine, en Inde et en Corée du Sud, commencent à rétablir l’équilibre et apportent des données factuelles à l’appui des politiques, mais il reste encore beaucoup à faire.» Mais, la responsabilité d’améliorer la qualité de vie des ainés dans le monde va bien au-delà du secteur de la santé. Les stratégies à mettre en place doivent s’efforcer de mieux prévenir et prendre en charge les maladies chroniques, en proposant des soins de santé à la portée de tous et en prenant en considération l’environnement physique et social des malades. Comme pistes pour mettre en place ce « bien vieillir », on peut citer, pour exemples, l’encouragement des seniors à poursuivre une activité professionnelle, le dépistage précoce et la prévention de la fragilité, de la sarcopénie, ou dystrophie musculaire liée à l’âge, et des maladies chroniques (plutôt que le traitement) développer les cliniques mobiles pour les populations rurales… Le Dr. Chatterji, également du Département Statistiques sanitaires et systèmes d’information à l’OMS, rajoute pour conclure : « Nous devons collectivement regarder au-delà des coûts associés couramment au vieillissement pour réfléchir aux avantages que peut apporter à l’ensemble de la société une population âgée, en meilleure santé, plus heureuse et plus productive ». Sources : OMS : Communiqué de presse «Bien vieillir»: une priorité mondialeRapport : Importance du concept de FRAGILITÉ pour détecter et prévenir les dépendances «évitables» au cours du vieillissement –

La danse pour traiter l’incontinence urinaire chez la femme âgée !

L’incontinence urinaire est la perte incontrôlée et soudaine des urines. On estime qu’elle concerne au moins 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans et 1 femme sur 3 de plus de 70 ans. Cependant, la prévalence de l’incontinence est difficilement mesurable car elle reste un sujet tabou. On estime que seule une personne sur trois ose en parler à son médecin. Beaucoup de personnes âgées pensent qu’il s’agit d’un phénomène lié au vieillissement pour lequel l’utilisation de protections est la seule solution. Pourtant, une nouvelle étude Canadienne montre que la danse est une solution efficace pour réduire les symptômes. Même si le vieillissement lui-même n’est pas à l’origine de l’incontinence, les modifications normales qui se produisent dans les systèmes urinaires et génitaux avec l’avancement en âge facilitent l’apparition de cette affection chez les personnes âgées. Par exemple, les muscles pelviens peuvent se relâcher avec l’âge et rendre le fonctionnement du sphincter vésical plus difficile. C’est le cas d’une femme sur 5 souffrant d’incontinence. La rééducation périnéale ou pelvienne, souvent pratiquée par les femmes suite à un accouchement, contribue efficacement à améliorer les symptômes. Cependant, ce programme de rééducation souvent mis en place chez un kinésithérapeute et demandant une séance par semaine, n’est pas toujours facile a suivre chez la personne âgée. C’est pourquoi, le Dr Chantal Dumoulin, professeur d’urologie, gynécologie et vieillissement à l’Université de Montréal et son équipe de chercheurs canadiens a tenté de mettre au point un programme incluant la dimension de plaisir et une socialisation de la personne âgée. C’est un système de rééducation du muscle pelvien combinant des exercices et une série de mouvements de danse à suivre sur vidéo, type console de jeu. Après 12 semaines, il a été observé chez les 24 participantes âgées en moyenne de 65 ans une forte diminution des fuites urinaires quotidiennes en comparaison avec un programme de rééducation classique. Autre point très important, 92% des participantes ont adhéré au programme et il n’y a eu aucun abandon. Les exercices de danse apportent une dimension concrète et permettent de passer un moment joyeux et convivial. Nous rappelons toutefois que le recours à différentes techniques chirurgicales ou traitements médicamenteux peut aussi, parfois, être envisagé. Source : Neurourology and Urodynamics 2014 DOI:10.1002/nau.22553 Virtual reality rehabilitation as a treatment approach for older women with mixed urinary incontinence: a feasibility study. Image : Zumba Gold voorjaar 2015, Lokaal dienstencentrum De Kim

L’ANSES publie son 1er bilan du dispositif de nutrivigilance.

Qu’est ce que le dispositif de nutrivigilance : Le dispositif de nutrivigilance est un système de veille sanitaire instauré en 2010 et géré par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Il vise à garantir la sécurité du consommateur en identifiant les effets indésirables liés à la prise de certaines catégories de denrées alimentaires : les nouveaux aliments (ou Novel Food), les aliments enrichis en vitamines, minéraux et autres substances, les compléments alimentaires et les denrées destinées à une alimentation particulière (ex : nourrissons). La déclaration des effets indésirables est effectuée par les professionnels de santé et les industriels. Généralement, lorsque l’ANSES a reçu une déclaration d’effet indésirable, elle va se rapprocher de l’industriel pour avoir des éléments détaillés sur la composition du produit concerné. La déclaration est ensuite analysée par la cellule de nutrivigilance de l’Anses avec l’appui d’experts médicaux afin de savoir s’il y a une relation de cause à effet entre la prise du produit et l’effet indésirable. L’ANSES transfère ensuite ses conclusions au ministère concerné. En fonction du nombre de cas reçus, de leur gravité et de leur imputabilité, l’Agence peut décider de s’auto-saisir pour mener une évaluation des risques liés à la consommation de certains produits, voire de certains ingrédients. Ce fut par exemple le cas pour les boissons « énergisantes » et la levure de riz rouge. CITRAGE est depuis la mise sur le marché de ses produits très impliquée dans le dispositif de nutrivigilance et a mis en place des procédures afin d’agir au plus vite si un effet secondaire survenait suite à la prise de l’un de ces produits. Un premier bilan pour les compléments alimentaires : En 4 ans, l’ANSES a répertorié 1190 cas de nutrivigilance liés directement à la consommation de compléments alimentaires, dont 282 effets indésirables étaient jugés recevables et parmi lesquels 133 cas étaient « vraisemblables » ou « très vraisemblables » (soit moins de 11,2% du total des déclarations).Sachant que chaque année en France environ 80 millions de boites de compléments alimentaires sont vendues (soit moins de 4 cas d’effets indésirables pour 1 million de boites achetées) ce rapport permet de conclure que les compléments alimentaires bénéficiant d’un cadre réglementaire très stricte sont des produits sûrs pour le consommateur.Selon le rapport de l’ANSES, les compléments alimentaires responsables des effets indésirables recueillis sont d’abord ceux à visée minceur, puis les produits capillaires et enfin les produits agissant sur l’équilibre du cholestérol. Les effets sont en général immédiatement réversibles dès l’arrêt de la consommation du produit. Nos conseils pour éviter la survenue d’effets indésirables : • Respecter les doses recommandées et ne pas consommer plusieurs compléments alimentaires ayant les mêmes fonctions simultanément pour éviter les surdosages.• En cas de maladie ou de traitement médicamenteux, demander l’avis d’un professionnel de santé pour éviter d’éventuelles interactions.• Ne pas consommer de produits incompatibles avec son état physiologique (allergie ou intolérance par exemple).• Acheter des produits uniquement sur les circuits de vente traditionnels (magasins bio, pharmacies,…) ou sur des sites Internet français pour éviter la consommation de produits frauduleux (pour cela consulter les mentions légales du site internet).• Bien se rappeler que les compléments alimentaires ne sont pas destinés à se substituer à l’alimentation. Source : Rapport : La nutrivigilance, un dispositif au service de la sécurité du consommateur.

Dépendance : selon une enquête de l’Institut Français des Seniors, 36 % des personnes âgées de plus de 70 ans vivant à domicile sont en perte d’autonomie

Dépendance L’Institut Français des Seniors a réalisé une étude en ligne, intitulée « Les seniors aidants familiaux » auprès de son panel « Silver testeur », constitué de plus de 1000 seniors de plus de 50 ans (63 ans en moyenne pour cette étude). Les principaux résultats sont les suivants : Quatre de ces seniors sur 10 ont encore la chance d’avoir un de leurs parents (31 %) ou les 2 (10 %). Dans 76% des cas, les parents habitent encore à leur domicile, 17 % sont en maison de retraite et 2% des parents habitent chez leurs enfants. Sur tous les seniors interrogés ayant encore au moins un de leurs parents, près d’un sur deux (46%) ont des parents qui connaissent des pertes d’autonomie, dont 36 % vivent à domicile. Il en résulte que près de 3 seniors sur 4 (71% des cas) sont sollicités par leurs parents entrés en dépendance. Le recours à une aide extérieure est encore faible, 45% des seniors aidants s’occupent de leurs parents en perte d’autonomie en moyenne plus de 3 heures par semaine. En effet, moins de la moitié de ces seniors aidants (44%) a recours à une aide extérieure pour s’occuper de leurs parents. Source : Enquête en ligne auprès de seniors de 63 ans en moyenne réalisée par l’Institut Français des Seniors Image : Nicola Wietrich, service photo du Département de Val de MarneDépendance

Dépendance : une loi pour favoriser le maintien des personnes âgées à domicile

Dépendance : une loi pour favoriser le maintien Le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement traite dans son premier volet de l’anticipation de la dépendance. Il a été adopté le 17 septembre 2014 à l’assemblée nationale à une large majorité et sera soumis au vote du Sénat début 2015 pour une entrée en vigueur de la loi en juin 2015. Dans un contexte de vieillissement de la population – les plus de 85 ans vont quasiment quadrupler d’ici à 2060 – l’objectif est de repérer et combattre les premiers facteurs de risque de la perte d’autonomie et de dépendance. Cette loi, préparée par Michèle Delaunay, est défendue par sa successeur au secrétariat des personnes âgées, Laurence Rossignol : « On ne finance pas la dépendance mais la prévention, l’accompagnement du vieillissement et le maintien à domicile, une solution que tous les Français appellent de leurs vœux ». Lutte contre l’isolement, affirmation des droits et liberté des personnes âgées, coup de pouce aux ateliers de prévention, incitations à repenser l’urbanisme, service civique pour les aînés : le texte propose de nombreuses pistes pour favoriser le  «bien vieillir» et un changement de regard sur les aînés. Sur le plan financier, les recettes de la CASA (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie) – prélèvement au taux de 0,3 % sur les pensions des retraités les plus aisés, rapportant annuellement près de 650 millions d’euros – seront mises à contribution. La moitié de cette enveloppe sera allouée à une revalorisation de l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA) à domicile, qui bénéficie à 700.000 personnes. L’autre moitié sera allouée, entre autres, aux foyers logements pour personnes âgées (80 millions) et à l’adaptation de 80.000 habitations (40 millions d’euros). En revanche, l’APA des personnes dépendantes en maison de retraire ne sera pas revalorisée. Nos produits